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Ultra-trail Tahoe 200: un Québécois se distingue

Xavier Berruel a terminé l'ultra-trail Tahoe 200, tôt lundi... (Photo fournie par Xavier Berruel)

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Xavier Berruel a terminé l'ultra-trail Tahoe 200, tôt lundi matin.

Photo fournie par Xavier Berruel

Sophie Allard
La Presse

Deux jours, dix-neuf heures et dix-huit minutes. C'est le temps qu'a mis le Québécois Xavier Berruel, 45 ans, avant de franchir la ligne d'arrivée de l'ultra-trail Tahoe 200, une course d'endurance de 330 km en pleine nature ceinturant le lac Tahoe, en Californie et au Nevada. Il a terminé sixième de cette épreuve extrême, très tôt lundi matin. Son corps, fatigué, s'en remet peu à peu.

«En m'inscrivant à cette course, je ne savais pas vraiment dans quoi je m'embarquais. C'est la plus longue distance que j'ai parcourue jusqu'à maintenant. Je savais néanmoins que ça allait être long et que j'allais sortir de ma zone de confort», nous a-t-il dit hier au téléphone. Il est toujours sur place.

L'ancien ferblantier, qui passe désormais ses journées devant l'ordinateur, court depuis moins de 10 ans. Pour bouger, pour se dépasser. Il a participé à son premier 100 milles (160 km) il y a deux ans. «Quand tu commences, tu en veux toujours plus.»

Son corps est encore meurtri, souffrant. «Mes pieds sont très endoloris, comme si j'avais des aiguilles sous les pieds. Dès que je me lève, j'ai l'impression qu'ils me disent qu'ils ont fait le boulot, qu'ils ne veulent plus me porter. Je sens que mon corps est abîmé mécaniquement», confie le Montréalais.

Plaisir

Ses bobos ne l'empêchent pas de savourer son exploit fraîchement réalisé. Ce n'est pas tant sa sixième place qui le réjouit que le plaisir qu'il a eu à courir dans un paysage féérique, l'expérience qu'il a acquise sur ce réputé parcours en altitude, les rencontres qu'il a faites. Et la présence de Josée, sa douce moitié, qui l'a épaulé.

Vendredi dernier au matin, Xavier Berruel était donc parmi les 250 coureurs massés au pied de la station de ski Homewood. Le départ a été donné à 9h, par un temps clément, ensoleillé.

«C'est une course ouverte. La faune qu'on représente est sympathique, il n'y a pas 10% des personnes qui ont l'air d'athlètes.» Tous devaient franchir la ligne d'arrivée en moins de 100 heures, soit avant mardi 13h. Très peu ont abandonné. «Le parcours est accidenté, mais il est tout de même accessible, rapide. Sur cette distance, c'est la force mentale qui fait toute la différence.»

Ce parcours, en altitude, est composé de trois sections: 284 kilomètres de sentiers autour du grand lac bleu, 12 kilomètres sur route et 34 kilomètres sur des chemins de terre et de rochers destinés aux véhicules tout-terrain. «La nuit, on n'y voit que du gris partout, c'est facile de se perdre.» Le gagnant Kyle Curtin a fait un chrono de 49 heures et 32 minutes, suivi de l'Américaine Courtney Dauwalter (49 heures et 54 minutes).

«J'aime aller chercher une expérience, une compétence dans un domaine que je ne maîtrise pas du tout. Ce genre de course me donne l'occasion de me pousser dans mes derniers retranchements.» 

Xavier Berruel s'en est bien tiré, mais il a eu quelques ennuis. «Mon principal souci a été le manque de sommeil. Je ne dors pas sur commande, il y a l'adrénaline de la course. Certains se couchaient en bordure des sentiers pour dormir.» Pas lui. Il a réussi à dormir à peine 90 minutes vers la mi-parcours.

Il a dû revoir sa façon de s'alimenter. Sur plus courte distance, il a l'habitude de se contenter de quelques bouchées aux postes de ravitaillement. Cette fois, ça n'a pas suffi. «Je pouvais manger une quesadilla ou un hamburger, boire quatre verres de boisson gazeuse et deux verres de jus avant de repartir. Jamais mon estomac ne s'est plaint.»

Altitude et hallucinations

Arrivé deux jours avant le départ, il n'a heureusement pas ressenti les effets de l'altitude. «Certains ont eu des maux de tête, des problèmes gastriques.» Par contre, il s'est étonné de toute cette poussière - j'en ai encore plein les poumons!» - et de l'absence totale d'humidité. «Même à 28 degrés, je n'ai pas du tout sué. Ç'a été difficile d'évaluer si j'étais bien hydraté.» Il croit d'ailleurs que son hydratation a été un peu déficiente.

Comme toujours, il s'est laissé porter par les hallucinations produites par son corps malmené. «Chaque personne le vit à sa façon, c'est très émotif, personnel. À partir de la deuxième journée, j'avais beaucoup d'hallucinations visuelles, des jeux d'ombre. Ça peut être drôle, jamais inquiétant. À ma surprise, des hallucinations auditives se sont ajoutées. Comme si j'entendais des voix fortes, au loin. Quand j'étais sur le bord d'une rivière, j'entendais la radio, de la musique. J'avais les oreilles remplies de sons. Ça aide à faire passer la nuit plus vite.»

Il faisait d'ailleurs encore nuit, autour de 4h du matin, quand il a finalement aperçu la ligne d'arrivée. Il a vu sa copine Josée qui l'attendait, qui tapait des mains. Il a souri. À peine deux ou trois personnes se trouvaient sur le site. «J'ai fini et c'était tout, ça n'a pas été un grand moment. Les émotions intenses, je les avais vécues sur le parcours, j'étais sans mots pour décrire ce que je vivais.»




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