Gardien du Canadien pendant la séquence gagnante de 1965 à 1969, Gump Worsley doit son surnom à un personnage de bande dessinée. Richard Suicide et Denis Lord bouclent la boucle en lui faisant un clin d'oeil dans Gump Worsley était un plat régional patagonien, la plus délirante des six histoires de hockey rassemblées dans Le démon du hockey, collectif publié chez Glénat Québec.

Mis à jour le 19 nov. 2011
Alexandre Vigneault LA PRESSE

Puisque le hockey n'est pas le sport national de la Patagonie, on présume que cette histoire tragicomique où il est question du vol d'une rondelle se déroule ici. Son destin est scellé en sept petites pages dessinées dans le style trash et extravagant qui est celui de Richard Suicide. Elles dépeignent le hockey comme un sport de brutes envahi par la commandite...

Les quelques pages de Richard Suicide et Denis Lord sont les plus féroces et les plus sarcastiques de l'album. Mathieu Lampron (La classique hivernale) et Claude Auchu (Le démon blond) abordent en effet le hockey sous des angles plus intimes - la place qu'occupe le hochey dans nos familles. Zviane et Luc Bossé frappent quant à eux un grand coup avec Devenir grand, qui se termine dans un silence donnant mal au ventre.

Philippe Girard met son trait gras au service d'un cauchemar convenu, mais dynamique. Sa chute fait mouche. La découverte de l'album, qui réunit les gagnants d'un concours lancé en 2008, c'est toutefois Hicham Absa. Il transporte son obsession du hockey dans un Montréal postapocalyptique peuplé de zombies. Ces quelques pages de tension et d'action rehaussées par une coloration expressive donnent envie de voir quels autres mondes imaginaires cet artiste originaire du Maroc a dans la tête.

Le démon du hockey, Collectif. Glénat Québec. 48 pages