Un soir de 2007, en Montérégie. Le Summum-Chiefs de Saint-Jean-sur-Richelieu reçoit le Mission de Sorel-Tracy. L'aréna de 1800 places est rempli par 3000 spectateurs.

Gabriel Béland LA PRESSE

Ils ne sont pas tous venus pour admirer le coup de patin des joueurs semi-pro... Plusieurs sont là pour voir une bagarre, et qui sait, peut-être même un K.-O. retentissant. C'est le cas du promoteur de combats extrêmes Stéphane Patry. Un ami n'arrêtait pas de lui vanter les mérites de Steve Bossé, bagarreur craint aux quatre coins du Québec. Cette soirée-là, Bossé a donné une raclée de légende à Jon Nasty Mirasty.

«Stéphane ne pensait jamais que j'aurais pu percer dans le monde des arts martiaux mixtes. Mais il est venu voir un match et ça adonne que ç'a été mon plus gros K.-O. en carrière, alors il a vraiment trippé, se rappelle Steve Bossé. En plus, l'aréna était plein à craquer à Saint-Jean. Il est descendu dans le vestiaire et m'a offert un combat au Centre Bell.»

Le hockeyeur ne voulait pas au départ en faire une carrière. Mais il a remporté son premier combat extrême et a vite pris goût au sport. «J'avais fait le tour au hockey, dit-il. J'avais le record des knock-out de la ligue.» Steve Bossé était le goon des goons. En cinq ans, il avait livré 224 combats sur la glace.

«J'avais atteint le sommet dans ce milieu-là, alors j'ai accepté le nouveau défi qui s'offrait à moi», explique le Québécois de 30 ans. Voilà comment celui qui a grandi en rêvant de jouer dans la Ligue nationale est devenu l'un des combattants ultimes les plus populaires du Québec. Il a pris sa retraite du hockey et a maintenant livré 10 combats d'arts martiaux mixtes. Sa fiche: neuf victoires et une défaite.

«Il n'y a pas beaucoup de parallèles entre le hockey et les combats ultimes. À part les goons. Mais un goon au hockey n'a aucune chance de faire carrière dans ce sport-là à moins d'être un super athlète comme Steve Bossé, lance celui qui l'a découvert, Stéphane Patry. Bossé, demain matin, il joue au golf et il va être bon, il joue au baseball et il va être bon, il joue au curling et il va être bon.»

Steve Bossé est aujourd'hui l'un des rares athlètes à vivre des combats extrêmes au Québec. Il a une entente avec son gérant qui lui permet d'empocher 1000$ par semaine. Il touche aussi une partie des bourses qu'il gagne à chaque combat. Le tout lui permet de vivre convenablement tout en s'entraînant.

«C'est un sport compliqué. Il faut apprendre beaucoup de techniques dans plusieurs arts martiaux différents, explique Bossé. J'apprends vite et je deviens meilleur avec le temps.»

Il rêve maintenant de faire un saut dans l'Ultimate Fighting Championship (UFC). Il a remporté son dernier combat avec panache, le 7 octobre, lors d'une soirée organisée par Stéphane Patry. Il attend un appel de l'UFC. Pour l'instant, son téléphone n'a pas sonné. Mais il est confiant. Un jour, l'ancien goon ira se battre à Las Vegas.