Aleksandra Wozniak souhaite «créer la surprise» à la Coupe Rogers la semaine prochaine à Montréal. Une surprise digne de celle créée il y a six jours à peine, alors que la joueuse de tennis remportait son premier titre de la WTA, à Stanford, aux États-Unis.

Caroline Touzin

La Québécoise de 20 ans, 45e au monde, devra relever un défi de taille. Le tirage au sort du tableau principal, qui s'est déroulé hier, ne l'avantage pas. À condition de remporter son premier match contre une jeune Taïwanaise de 18 ans, Wozniak affrontera en deuxième ronde nulle autre que la numéro 2 mondiale, Jelena Jankovic.

«Je veux continuer à remporter des tournois d'importance et peut-être créer la surprise ici à Montréal», a-t-elle dit, hier, en conférence de presse au stade Uniprix. C'était avant de savoir qu'elle jouerait contre Jankovic au second tour.

Devant les médias, elle n'a toutefois pas perdu son sourire. «Ce sera une belle occasion. J'ai perdu contre Jankovic en deux manches de 6-3 à l'Open d'Australie en 2007, mais aujourd'hui, j'ai beaucoup plus d'expérience contre des filles du top 30», a-t-elle lancé après le tirage.

Wozniak préfère «prendre un match à la fois». L'athlète de Blainville veut se concentrer sur sa première adversaire, Yung-Jan Chan, classée 71e. La Taïwanaise de 18 ans est meilleure en double (9e). Wozniak la connaît bien. Elles ont été partenaires de double chez les juniors. «C'est une fille très agressive sur un court. Elle a une frappe solide», a indiqué Wozniak. Les organisateurs du tournoi ne savaient pas encore, hier soir, si le premier match de Wozniak aurait lieu lundi ou mardi au stade Uniprix.

La Québécoise a joué neuf matchs en 11 jours aux États-Unis avant de revenir au pays mercredi soir. «Je ne me sens pas encore à 100%», a-t-elle confié à La Presse, en marge de sa conférence de presse. Mardi, Wozniak a perdu en première ronde au tournoi de Los Angeles. C'était deux jours après sa victoire historique à Stanford, un tournoi de catégorie 2. La Coupe Rogers, elle, est un tournoi encore plus important (catégorie 1).

Le confort du foyer

À son retour au pays, Wozniak a retrouvé le confort du foyer familial. «Je ne voulais pas parler de tennis. Je suis allée souper à la Cage aux sports avec mon père et ma mère. Puis, j'ai promené mon chien, seule dans le parc près de chez moi», a-t-elle raconté. Elle a aussi repris la lecture de son livre de chevet, un bouquin de croissance personnelle: Become a better you: 7 Keys to Improving Your Life Every Day de Joel Osteen.

Hier, la joueuse de tennis a frappé quelques balles avec son père et entraîneur, Antoni. Elle s'entraînera davantage aujourd'hui et demain. Et surtout, elle compte sur la foule montréalaise pour lui transmettre de l'énergie. «Je m'attends à entendre crier mon nom souvent», a-t-elle dit, très heureuse de jouer devant «ses fans». Sa soeur aînée, qui vit au Texas avec ses filles jumelles et son mari, feront le voyage pour venir l'encourager. «Ce sera spécial, depuis le temps qu'elles veulent venir me voir jouer.» Ses parents assisteront aussi au tournoi.

Sa victoire à Stanford lui a apporté le respect des autres joueuses du top 50, croit-elle. «Les filles du top 50 ne parlent pas aux moins bien classées. Aujourd'hui, elles ont du respect pour moi et veulent frapper (des balles) avec moi.»

Au début de l'année, Wozniak, 136e au monde, s'était donné comme objectif d'atteindre le top 50. Après une année 2007 difficile en raison de nombreuses blessures, peu de gens auraient dit qu'elle connaîtrait une ascension aussi fulgurante. Aujourd'hui, elle veut continuer de grimper au classement. «Mon objectif ultime est d'atteindre le top 10. Ça arrivera quand ça arrivera», a-t-elle dit.

La jeune joueuse estime qu'elle a gagné en mobilité sur le court depuis un an. Elle se dit aussi prête à prendre plus de risques sur le terrain. «À Stanford, j'étais très solide mentalement lors des points importants.» C'est ce qui lui a permis de battre la Française Marion Bartoli, 15e au monde, 7-5 et 6-3. Plus tôt dans le tournoi, elle avait défait trois joueuses du top 30, dont Serena Williams samedi en demi-finale.

Atteindre le top 10 n'est pas le seul rêve de la jeune Québécoise. «Dans mes temps libres, je dessine des croquis pour créer ma propre collection de robes de soirée», raconte-t-elle, le regard brillant. La bourse de 95 000$ qu'elle a remportée la semaine dernière à Stanford est «placée à la banque» pour pouvoir réaliser ce rêve.

Se considère-t-elle comme un modèle pour les jeunes Québécoises? «Je suis fière que les jeunes s'intéressent davantage au tennis, que ce soit à cause de moi ou à cause d'Ana Ivanovic», a-t-elle dit, très souriante.