Elles se portent partout. En ville, à la piscine, à la plage, dans les soirées chics, et même à la cérémonie des Oscars ! À Montréal, Berlin, Paris, New York ou Los Angeles, les sandales Birkenstock ont conquis le monde entier.

Olivia Lévy Olivia Lévy
La Presse

Les Birkenstock ont beaucoup fait parler d’elles récemment. Ce symbole allemand est devenu français le mois dernier et fait désormais partie du prestigieux groupe LVMH (Louis Vuitton, Christian Dior, Givenchy, Fendi...). Qui aurait parié que ces sandales orthopédiques longtemps jugées ringardes seraient associées au luxe ?

On reconnaît la célèbre sandale à sa semelle de liège ergonomique ultraconfortable, conçue pour respecter l’anatomie et reproduire la marche naturelle. L’histoire commence en 1774, lorsque Johann Birkenstock fonde l’entreprise familiale. Puis, en 1896, sont lancées les premières « semelles anatomiques flexibles ». C’est finalement en 1963 qu’une icône naît : la sandale Madrid.

PHOTO FOURNIE PAR BIRKENSTOCK

Le modèle Madrid, beige, avec une grande boucle, 170 $

« La Birkenstock est dans notre ADN, lance au téléphone Astrid Doil, éditrice mode du magazine Elle en Allemagne. Les Allemands sont très pragmatiques, alors une chaussure doit être pratique et confortable. »

« La Birkenstock, c’est un gage de qualité et de design, elle a aussi un côté écologique, ce qui est important pour nous », précise-t-elle.

On vend dans le monde, chaque année, près de 29 millions de paires de Birkenstock.

PHOTO TIRÉE DU COMPTE INSTAGRAM DE REESE WITHERSPOON

L'actrice Reese Witherspoon pose fièrement chaussée de ses sandales Birkenstock.

Les stars en raffolent

Les stars sont de plus en plus nombreuses à adopter les Birkenstock. Julia Roberts, Leonardo DiCaprio, Jessica Alba, Kate Moss, Reese Witherspoon, Julianne Moore et Gwyneth Paltrow s’affichent fièrement avec leurs sandales allemandes aux pieds. L’actrice Frances McDormand a même eu l’audace d’en porter lors de la cérémonie des Oscars en 2019 ; des sandales Birkenstock jaune vif, signées par le créateur italien Valentino, tout comme sa robe.

PHOTO KEVIN WINTER, GETTY IMAGES

L’actrice Frances McDormand a eu l’audace de porter des sandales Birkenstock lors de la cérémonie des Oscars en 2019

« Quand la Birkenstock arrive sur les pieds de gens qui ont beaucoup de goût, c’est là que c’est très intéressant, pense Sophie Fontanel, journaliste et écrivaine française qui signe une chronique mode dans le magazine français L’Obs. Car cette sandale a longtemps été associée à des gens qui n’en avaient rien à faire de l’élégance [notamment les touristes allemands qui les portaient avec des chaussettes]. Il y avait vraiment un côté plouc. »

PHOTO FOURNIE PAR SOPHIE FONTANEL

Sophie Fontanel précise qu’elle ne porte pas de Birkenstock, car la semelle n’est pas faite pour son pied, mais elle adore les sandales du même genre, confortables et sans talon, comme celles à ses pieds.

Porter une robe du soir, un joli blazer, un pantalon chic avec des Birkenstock, c’est très beau.

Sophie Fontanel

« Une chose est sûre, on ne veut plus avoir mal aux pieds ! Ce n’est plus une option. » La journaliste française estime qu’il y a eu au départ un rejet de la sandale confortable tout comme de la basket. « Il y a encore des idées reçues selon lesquelles ces sandales ne sont ni élégantes ni féminines, alors qu’on est dans une époque où justement ça se libère du côté des pieds et ça fait du bien ! »

Selon la journaliste mode Lolitta Dandoy, avec l’année qu’on vient de passer, le confort n’a jamais été aussi valorisé. « La Birkenstock a été très populaire dans les années 1960 et 1970 parmi la jeunesse hippie américaine, mais elle a traversé les années parce qu’elle ne s’est jamais revendiquée comme étant une sandale mode. D’ailleurs, elle n’a pas changé depuis près de 60 ans, d’où sa force », dit-elle.

Ce que confirme David Kahan, président de Birkenstock pour l’Amérique du Nord. « On ne se considère pas comme faisant partie de l’industrie de la mode, a-t-il répondu par courriel. On se rencontre de temps en temps pour des collaborations, ce qui apporte de nouvelles perspectives de design à la marque. »

  • Collaboration entre Birkenstock et Valentino

    PHOTO FOURNIE PAR BIRKENSTOCK

    Collaboration entre Birkenstock et Valentino

  • Sandale « Bukarest », création d’Alecsander Rothschild, de l’école de design de Londres Central Saint Martins

    PHOTO FOURNIE PAR L’ÉCOLE DE DESIGN DE LONDRES CENTRAL SAINT MARTINS

    Sandale « Bukarest », création d’Alecsander Rothschild, de l’école de design de Londres Central Saint Martins

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D’ailleurs, ces collaborations avec les créateurs de mode sont de plus en plus nombreuses. Il y a notamment eu Valentino, Givenchy, Rick Owens, Proenza Schouler, ou encore les anciens étudiants de la prestigieuse école de design de Londres Central Saint Martins.

Une chaussure unique

En raison de son succès, de nombreux créateurs s’inspirent de Birkenstock et créent des sandales du même genre, alors que des marques plus bas de gamme les ont carrément copiées. « Ça participe au fait que cette chaussure a vraiment quelque chose d’unique, il y a un amour qui se transmet d’une génération à l’autre », analyse Lolitta Dandoy.

  • Modèle Mayari, gris argenté métallique, 130 $

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    Modèle Mayari, gris argenté métallique, 130 $

  • Modèle Nabica, talon compensé, noir, 180 $

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    Modèle Nabica, talon compensé, noir, 180 $

  • Modèle Arizona, étanche, rose, 60 $

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    Modèle Arizona, étanche, rose, 60 $

  • Modèle Kyoto, suède et cuir, noir, 180 $

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    Modèle Kyoto, suède et cuir, noir, 180 $

  • Modèle Arizona, suède, kaki très clair, 170 $

    PHOTO FOURNIE PAR BIRKENSTOCK

    Modèle Arizona, suède, kaki très clair, 170 $

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Il reste que les modèles historiques sont toujours les plus populaires de la marque. Il y a le modèle Madrid composé d’une bride en cuir, l’Arizona à deux brides, puis le Gizeh, dont la lanière passe entre les orteils. Il y a également le modèle Kyoto (plus récent) avec des fermetures à velcro qui obtient un vif succès. Au fil des années, Birkenstock a lancé des collections de chaussons, de baskets, de ballerines et de bottes.

Pour ce qui est des collections printemps-été pour femmes, hommes et enfants, elles se déclinent en différentes matières, cuir, suède, microfibre et plastique écologique. Les couleurs sont multiples et variées, le blanc est omniprésent pour l’été prochain, avec le rose, le bleu, le noir, le beige, ainsi que les couleurs métalliques.