Le nombre d’animaux abandonnés va grimper en flèche une fois que la pandémie sera derrière nous et que le chien ou le chat adopté au cours des derniers mois ne conviendra plus autant au nouveau mode de vie, prédisent des refuges et d’autres intervenants du secteur.

Michel Saba, Initiative de journalisme local
La Presse Canadienne

« J’ai peur que ça fasse beaucoup d’abandons », confie Pierre Bourbonnais, le directeur général de la SPCA Roussillon, à Delson, sur la Rive-Sud.

Ce seront des gens qui, avec le télétravail, « avaient beaucoup de temps pour leur animal et qui, là, ils n’en ont plus ».

Selon lui, l’impact pourrait être plus ou moins grave en fonction de la rapidité du déconfinement.

À la S.P.A. des Cantons, à Cowansville, on prévoit aussi « un phénomène d’abandons », nous dit Anik Filion, la directrice administrative.

« On n’a pas de boule de cristal, mais il y a tellement d’adoptions présentement », explique-t-elle.

Avec le confinement, les Québécois ont été bien plus nombreux qu’à l’habitude à adopter des animaux domestiques au cours des derniers mois afin de contrer la solitude et d’occuper leur excédent de temps libre.

L’Association des médecins vétérinaires du Québec « anticipe » également une vague d’abandons.

Plusieurs de ses membres repoussent les stérilisations, les vaccinations et les autres actes de prévention ces temps-ci tant la demande est forte et que les animaux blessés, malades ou en danger doivent être soignés dans la journée.

Le porte-parole de l’association, le DMichel Pepin, estime qu’il est possible que les refuges se remplissent « par abandon ou par le fait qu’il n’y a pas eu de stérilisation ».

« On espère que les gens après un an, un an et demi avec leur chat ou leur chien aient un attachement suffisant pour qu’ils ne veuillent pas s’en débarrasser », lance-t-il.

Fondation Mira

Depuis le début de la pandémie, la Fondation Mira, un organisme dont la mission est de fournir des chiens-guides et chiens d’assistance à des personnes handicapées, a fait face à un « raz-de-marée de demandes » pour devenir famille d’accueil.

« Les gens ont une fenêtre météo qui est intéressante », explique le directeur général, Nicolas St-Pierre. Il n’hésite pas à dresser un lien avec le fait que l’organisme prête les chiens pour une courte période.

PHOTO ANDRÉ PICHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

Selon lui, ils se disent que « ce n’est pas un contrat à vie » puisqu’ils auront le chien pendant environ un an, qu’ils feront « œuvre utile » et qu’en fin de compte c’est gagnant-gagnant. « Les gens font le calcul et c’est un calcul qui est très louable », ajoute-t-il.

Les familles d’accueil reçoivent un chiot à l’âge de neuf semaines. Leur mission est de le rendre sociable, de l’exposer et de le rendre propre. Une fois que c’est fait, la fondation reprend le chien, l’évalue et décide s’il est apte pour le travail, s’il a la santé, le tempérament et tout le bagage pour être un chien d’assistance.

Inondé d’appels, l’organisme a tout simplement cessé de prendre des noms en note il y a quelques semaines. Il n’y a en effet qu’environ 300 chiens à placer annuellement.

La pandémie cause cependant d’autres problèmes. La fondation reçoit maintenant des demandes pour que des chiens soient prêtés afin d’aider des personnes qui font de l’anxiété.

– Texte de l’Initiative de journalisme local.