(Toronto) Une nouvelle étude impliquant plus de 19 millions de chats au Canada et aux États-Unis suggère que la plupart des animaux continuent de prendre du poids après avoir atteint l’âge adulte — et que leur poids le plus élevé est plus important qu’il ne l’était il y a deux décennies.

Paola Loriggio
La Presse canadienne

Des chercheurs du Collège vétérinaire de l’Ontario de l’Université de Guelph ont analysé 54 millions de mesures de poids prises dans des cliniques vétérinaires entre 1981 et le milieu de 2016 afin de comprendre le schéma typique de gain et de perte de poids au cours de la vie d’un chat.

L’étude, publiée cette semaine dans le Journal of the American Veterinary Medical Association, est la première de son genre à utiliser un vaste ensemble de données.

En général, les données démontrent que le poids moyen des chats atteint son apogée entre six et dix ans pour les espèces de race pure les plus courantes — siamois, persan, himalayen et Maine Coon — et à huit ans pour les chats domestiques.

Les chats mâles atteignent généralement des sommets de poids plus élevés que les femelles, et les chats castrés ou stérilisés ont tendance à être plus lourds que ceux qui ne le sont pas.

Les résultats démontrent une différence d’environ un kilo entre le poids à l’âge d’un an et le poids maximal. De plus, le poids moyen des chats domestiques stérilisés âgés de huit ans a augmenté d’environ 250 grammes entre 1995 et 2005, puis est resté stable pendant la décennie suivante.

« Cela peut ne pas sembler beaucoup, mais une demi-livre est toujours une quantité importante pour un chat », a déclaré l’auteur principal, Adam Campigotto.

Les causes restent inconnues

L’étude servira de point de départ pour des recherches ultérieures et ne s’est pas penchée sur les causes des variations de poids, ni sur ce qu’est un poids santé pour un chat, a indiqué M. Campigotto.

Parmi les explications possibles et non vérifiées de ce changement, on peut avancer l’hypothèse que davantage de personnes ont commencé à garder leurs chats à l’intérieur au cours de cette période, ou que des modifications ont été apportées à la palatabilité de la nourriture pour chats ou aux comportements alimentaires des propriétaires d’animaux.

« Les gâteries peuvent avoir un impact important sur le poids des animaux et souvent, les gens associent le fait de donner des gâteries à de l’amour », a-t-il expliqué.

Une autre auteure de l’étude, Theresa Bernardo, qui est également professeure au collège, propose aux propriétaires d’animaux de commencer à peser leurs chats chez eux si cela ne se fait pas chez le vétérinaire. Les variations de poids peuvent être liées à d’autres problèmes de santé, bien que ces corrélations n’aient pas été établies dans cette étude, a-t-elle indiqué.

L’une des prochaines étapes consistera à examiner comment gérer le poids des chats, a souligné Mme Bernardo.

« Nous avons un autre projet pour lequel nous envisageons d’utiliser une technologie telle que des alimenteurs automatiques, a-t-elle expliqué. Dans de nombreux cas, il y a plusieurs chats dans une famille et parfois un chat mange une bonne part du dîner de l’autre chat. Il y a donc maintenant des gamelles qui vont nourrir chaque chat séparément, ce qui vous aide à maîtriser ce genre de situation. »