Après la publication d’un dossier sur la lutte contre les changements climatiques, vous avez été nombreux à souhaiter lire et échanger des trucs concrets pour limiter les émissions de gaz à effet de serre de votre ménage. Chaque dimanche, nous vous en présentons un qui sera ensuite analysé par le Centre international de référence sur le cycle de vie des produits, procédés et services (CIRAIG).

Publié le 5 déc. 2021
Catherine Handfield
Catherine Handfield La Presse

Aujourd’hui, un truc de notre lecteur Marc-André Gingras, de Québec, sous la loupe de François Saunier, analyste sénior et directeur exécutif adjoint du CIRAIG.

Le truc de Marx-Olivier Gingras

Marc-Olivier Gingras, de Québec, privilégie le marché de seconde main, mais lorsqu’il achète des articles neufs, il préfère les commerces locaux aux multinationales. « Il faut arrêter d’acheter sur Amazon, dans des Costco, des Walmart », dit-il.

Les commentaires de François Saunier

Notre lecteur a le bon réflexe en optant pour le marché de seconde main. « C’est souvent l’une des actions les plus efficaces, car cela permet de prolonger la durée de vie de nombreux produits et d’éviter la production d’un article neuf équivalent », explique François Saunier.

Pour les articles neufs, maintenant, M. Saunier explique que, dans le cycle de vie d’un produit, l’étape de l’achat en magasin est souvent négligeable en matière d’émissions de gaz à effet de serre. « Plus que la personne ou l’entreprise propriétaire du magasin, c’est avant tout le produit en lui-même qu’il faut mieux choisir pour réduire son empreinte carbone », dit-il. On considère donc la vie du produit en amont et en aval de l’achat : la production des matières premières qui le composent, sa fabrication, son transport jusqu’au commerce, puis son utilisation et sa fin de vie.

Enfin, la question à 100 $ : est-il préférable d’acheter un même produit en magasin ou de le commander en ligne ? Ces deux options présentent chacun leurs avantages et leurs inconvénients, axés autour de trois principaux paramètres : le transport, les emballages et les infrastructures.

« Pour le transport, l’achat en ligne permet une livraison plus optimisée que si l’acheteur se déplace en magasin, indique François Saunier. Mais il induit des taux de retour qui peuvent être importants selon les produits, générant des transports additionnels, et le choix d’une livraison accélérée peut conduire à des transports en avion ou à des routes de livraison moins optimales. » Sur le plan des emballages, l’achat en magasin en génère évidemment moins. Et pour les infrastructures, l’avantage est à l’achat en ligne : l’empreinte carbone des infrastructures numériques nécessaires (site internet, ordinateur, etc.) est moindre que celle des infrastructures physiques du magasin (énergie pour l’exploitation, etc.), indique M. Saunier.

« C’est principalement le comportement de l’acheteur qui va permettre de déterminer quel achat a une plus faible empreinte carbone, résume-t-il. Favoriser les achats groupés (plusieurs achats pour le même déplacement ou la même commande en ligne), limiter les retours et opter pour des modes de transport à faible empreinte sont autant de paramètres sur lesquels l’acheteur peut jouer pour réduire son empreinte. »