Le furoshiki, cette technique japonaise d’emballage avec du tissu, est populaire auprès de ceux qui souhaitent réduire leurs déchets. Un couple de jeunes entrepreneures poussent l’écoresponsabilité du concept plus loin en utilisant du tissu voué à l’enfouissement.

Valérie Simard Valérie Simard
La Presse

Chaque année, 540 000 tonnes de papier d’emballage et de sacs cadeaux sont jetés par les Canadiens, selon des données de 2017 de l’organisme Zéro déchet Canada. « En plus, la majorité [de ces emballages] ne sont pas recyclables, souligne Maude Girard, cofondatrice de Next, une nouvelle entreprise d’économie circulaire dont la mission est liée à la réduction des déchets. On cherchait des solutions écologiques aux emballages. Il en existe quelques-unes, mais au-delà de leur utilisation, on voulait aussi que ce soit fabriqué de façon écoresponsable, localement. Je ne trouvais pas de solution qui me satisfaisait. Alors, on a commencé à réfléchir à ce qu’on pourrait créer. »

Les furoshikis sont vendus dans plusieurs boutiques vouées au zéro déchet depuis quelques années, mais plusieurs sont faits de coton neuf, une plante dont la culture entraîne de la déforestation et nécessite de grandes quantités d’eau (et de pesticides, s’il n’est pas biologique). La transformation de la fibre consomme aussi d’importantes quantités d’énergie. Comme c’est le cas pour les sacs réutilisables, il faut donc réutiliser son emballage à maintes et maintes reprises pour qu’il s’avère un choix intéressant du point de vue écologique.

Maude Girard et Gabrielle Huppé ont donc opté pour des retailles de tissu ou des fins de lots d’entreprises locales qui auraient été destinés aux ordures. Elles comptent ainsi récupérer 5000 livres de tissus cette année et doubler, voire tripler cette quantité l’an prochain.

PHOTO FOURNIE PAR NEXT

L’ensemble Vice-Versa de Next est constitué de trois morceaux : une base, un bandeau et un chou.

Appelés Vice-Versa, les emballages cadeaux sont les premiers produits de leur jeune entreprise. Plus élaborés que le furoshiki traditionnel, leurs ensembles sont constitués de trois morceaux : une base, un bandeau et un chou, offerts en trois formats à un coût allant de 19,50 $ à 27,50 $.

« On voulait que l’esthétique soit alignée avec nos traditions, souligne Gabrielle. Il ne faut pas oublier les coutumes. » « C’est plaisant emballer un cadeau et le déballer et c’est un peu ça qu’on voulait retrouver », ajoute Maude.

On leur demande souvent si on offre l’emballage avec le cadeau, mais les entrepreneures ne souhaitent pas se prononcer. Selon elles, cela dépend de la personne et du contexte. En somme, l’important, c’est de s’assurer qu’il soit réutilisé.

Soulignons que Next n’est pas la seule entreprise à créer des emballages cadeaux à partir de tissu récupéré. À L’Anse-Saint-Jean, au Saguenay, la coopérative Minuit moins cinq fabrique des furoshikis estampés à la main. Ils sont offerts en trois formats et sont aussi vendus en trio.

> Consultez le site de Next

> Consultez le site de Minuit moins cinq