Vieillir en santé est un objectif qu’on souhaite tous atteindre. La Presse vous présente des portraits de jeunes et moins jeunes pour qui l’âge n’est pas un frein aux projets.

Samuel Larochelle Samuel Larochelle
Collaboration spéciale

Après s’être impliquée auprès des familles de la Matapédia dans les années 80, en mettant sur pied la première agence de services de garde de la région, Jacinthe Pomerleau a déménagé ses pénates à Baie-Comeau. La gestionnaire, aujourd’hui retraitée, s’investit dans une variété de causes qui touchent toutes les générations.

« Je crois à la force d’une communauté qui se prend en mains, dit la femme de 67 ans. Mon père a contribué à lancer des coopératives pour renforcer notre milieu. Ça crée de la richesse et de l’enracinement. »

Pour sa part, Jacinthe Pomerleau contribue notamment à Homme Aide Manicouagan, un organisme de soutien aux hommes en détresse. « Avec mon expérience en services de garde, je savais que les papas étaient un peu laissés pour compte, et la détresse des pères m’interpellait. Puisque j’étais séduite par la mission de l’organisme, je suis devenue membre du conseil d’administration en 2017. »

Il y a 40 ans, l’expertise de Jacinthe Pomerleau dans le domaine familial a pris racine en Gaspésie. Peu après s’y être établie avec Noémie, sa fille alors âgée de 18 mois, elle a eu vent d’une nouvelle loi sur les services de garde. Elle s’est ensuite organisée pour obtenir le premier permis pour créer une agence, après la mise en place d’un projet-pilote. « J’ai fait du recrutement de façon bénévole pour reconnaître des responsables de services de garde dans chacun des villages de la région. Plus tard, je suis devenue directrice de l’agence. »

PHOTO FOURNIE PAR JACINTHE POMERLEAU

Jacinthe Pomerleau

Ses expériences professionnelles l’ont également menée en Afrique et sur la Côte-Nord, où elle a conclu sa carrière. « J’ai pris ma retraite il y a quatre ans pour m’occuper de moi, après m’être occupée de beaucoup de monde. Je n’ai pas fait grand-chose durant un an. J’avais besoin de me déposer. »

Peu à peu, elle a accepté des postes à des conseils d’administration. « Je ne veux plus diriger, mais je peux être un soutien aux directions. » Elle siège entre autres au C.A. de la Réserve de la biosphère mondiale Manicouagan-Uapishka.

La réserve ne se contente pas de son statut, elle est très active sur la Côte-Nord. Ça me réjouit de voir qu’on peut créer des ponts entre des milieux qu’on pourrait croire opposés : le monde industriel, les communautés autochtones et Hydro-Québec.

Jacinthe Pomerleau

Depuis 2017, elle est témoin de l’implication locale et internationale de la réserve. « C’est beau de voir toute cette ouverture et la volonté de promouvoir des visées économiques, tout en visant le respect de l’environnement et l’acceptabilité sociale. »

De riches rencontres

Mme Pomerleau a également la culture très à cœur. Fervente de Cinoche, le festival du film de Baie-Comeau, elle a décidé de s’y impliquer. « Quand je travaillais, je pouvais me taper 19 films en 10 jours ! L’an dernier, je suis devenue responsable des invités. J’ai commencé avec notre présidente d’honneur, la réalisatrice et comédienne Micheline Lanctôt, qui a été d’une générosité incommensurable ! »

Puisque son amour pour la petite enfance n’est jamais loin, elle fait aussi partie du comité de gestion d'Éclore Côte-Nord, qui veille à l’épanouissement des enfants de Tadoussac à Blanc-Sablon. « La Côte-Nord a longtemps eu un piètre portrait en termes de maltraitance des enfants. Il faut qu’on pose des gestes pour devenir une région bienveillante envers les tout-petits. C’est un vaste chantier ! »

Toutes ces expériences la stimulent sur les plans intellectuel et humain. « Je rencontre des gens de plusieurs horizons professionnels et de tous les âges. Tout le monde est dévoué. Je trouve ça formidable de côtoyer toutes ces personnes et de grandir à leurs côtés. »