Le Regroupement des maisons des jeunes du Québec célèbre son 40e anniversaire, au moment où l’importance de leur mission a rarement été aussi manifeste, avec des ados désireux de s’évader de leur cocon familial partout à travers la province.

La Presse Canadienne

Tant et aussi longtemps que le gouvernement n’ordonnera pas leur fermeture, les maisons des jeunes comptent bien continuer de leur offrir une soupape.

Le directeur général du Regroupement des maisons des jeunes du Québec (RMJQ), Nicholas Legault, a une pensée pour tous ces adolescents qui ne sortent de chez eux que pour se rendre à l’école, sans « autres espaces où c’est possible pour eux de ventiler » en temps de pandémie.

Avec pratiquement toute la vallée du Saint-Laurent qui se trouve maintenant en zone rouge, une bonne partie des élèves de 4e et 5e secondaire de la province ne vont désormais en classe qu’un jour sur deux, en plus d’être privés de leurs autres activités et sorties.

« C’est sûr que dans le contexte de la COVID, les maisons de jeunes sont importantes pour accompagner ces jeunes-là qui vivent des situations pas faciles et qui ont besoin d’un lieu de rassemblement, où ils peuvent se confier, échanger ou minimalement se divertir, toujours en respectant les consignes gouvernementales », a souligné Nicholas Legault lors d’un entretien téléphonique.

« Je pense que c’est pas mal ça qui sauve nos ados actuellement : avoir cette possibilité d’aller voir quand même quelques amis et, surtout, d’autres visages que dans leur ordinateur. »

Près de 200 activités sont prévues à l’occasion de la Semaine des maisons des jeunes, qui s’étire du 12 au 18 octobre. Une envolée de lanternes, une soirée feu de camp, une exposition photo et un atelier de décoration de citrouilles figurent notamment au programme, en fonction des règles sanitaires en vigueur dans les différentes régions du Québec.

S’adapter aux directives de la santé publique a parfois relevé de la gymnastique pour ces organismes communautaires, mais ils maintiennent leurs services en tentant de s’aligner avec les mesures imposées dans le réseau scolaire.

Exit les activités sportives et les ateliers qui nécessitent un partage de matériel, place à des discussions à deux mètres ou des rendez-vous par visioconférence.

Un des plus grands défis auxquels sont confrontées les équipes d’animation est le contact avec des jeunes plus isolés, relève M. Legault. Ils entretiennent parfois des rapports difficiles avec leur famille et se retrouvent maintenant en semi-confinement avec celle-ci.

« On essaie d’être le filet social qu’on a toujours été, mais ce n’est pas évident », admet-il.