Vieillir en santé est un objectif qu’on souhaite tous atteindre. La Presse vous présente des portraits de jeunes et moins jeunes pour qui l’âge n’est pas un frein aux projets.

samuel larochelle
collaboration spéciale

Après plus de trois décennies dans le milieu scolaire, Michel Pelletier ne pouvait pas mettre de côté sa passion de la transmission. Aujourd’hui jeune retraité, il dirige plusieurs fois par semaines Les mollets fringants, un groupe de coureurs âgés de 12 à 80 ans.

Peu importe qu’il pleuve ou que la canicule vienne alourdir sa cadence, Michel Pelletier, 58 ans, court cinq ou six fois par semaine, en incluant plusieurs sorties en groupe. « Quand il fait beau, on est entre 15 et 25 coureurs, dit-il. Même s’il n’y a que quatre personnes, je suis partant. Je trouve ça ressourçant. »

Les plus récentes mesures sanitaires exigées par le gouvernement viennent toutefois changer la donne. « Nous devrons prendre une pause des entraînements jusqu’au 28 octobre. C’est triste pour mes coureurs et pour moi. J’ai tellement de plaisir à les côtoyer toutes les semaines. Ils font partie de mon mode de vie. Mais j’ai bon espoir de les revoir très bientôt ! »

PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE

« J’ai tellement de plaisir à les côtoyer toutes les semaines. Ils font partie de mon mode de vie. Mais j’ai bon espoir de les revoir très bientôt ! », dit Michel Pelletier à propos de ses amis coureurs.

Lorsque les activités reprendront, il recommencera à diriger les entraînements de ses coureurs plus ou moins jeunes, mais tous fringants. « Notre rythme varie de six à huit kilomètres à l’heure : les plus rapides doivent revenir chercher le groupe pour qu’on reste tous en contact. On court dans le bois du parc du Grand-Coteau, à Mascouche, ce qui me permet de voir où tout le monde est rendu. »

Débutants, intermédiaires ou avancés, les participants suivent ses directives pour les échauffements, les intervalles et les exercices de renforcement. « Je suis très porté sur la prévention des blessures. Sans être rigide, je veux qu’ils respectent certaines consignes et qu’on coure ensemble dans le plaisir. Il n’y a pas d’esprit de compétition. »

On lit entre les lignes une volonté de promouvoir les bonnes habitudes de vie. « J’ai envie que ma communauté soit active et en forme. Je veux créer un sentiment de groupe et une forme de partage. »

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Michel Pelletier a travaillé comme orthopédagogue, enseignant et conseiller pédagogique, avant d’évoluer comme directeur pendant 25 ans.

Une retraite active

Des paroles qui ne sont pas surprenantes de la part d’un homme qui a travaillé comme orthopédagogue, enseignant et conseiller pédagogique, avant d’évoluer comme directeur pendant 25 ans. « La transmission est dans mon sang. C’est plus fort que moi ! Avant de lancer mon groupe de course, je suis allé chercher ma formation pour devenir entraîneur. Quand mes enfants jouaient au soccer, je les ai toujours entraînés. Plus jeune, j’ai également coaché au handball. Ça a toujours fait partie de ma vie. »

Pourquoi avoir pris sa retraite du milieu scolaire, alors qu’il est si en forme ? « J’avais fait le tour. Ma retraite du monde scolaire n’était pas pour moi une fin en soi. » En creusant davantage, on réalise que son environnement de travail n’était plus ce qu’il était.

Quand je suis devenu directeur en 1996, on avait un grand contact avec les élèves, quelque chose de plus pédagogique. C’est ça qui m’intéressait le plus. Depuis 10 ans, le travail administratif a pris un plus grand pourcentage du temps.

Michel Pelletier

Michel Pelletier ne refuse toutefois pas les rôles de gestionnaire, lui qui est vice-président et coordonnateur des courses de la Classique Émilie-Mondor organisée en l’honneur de la défunte coureuse de Mascouche.

Si la formule originale de l’évènement s’adressait aux élèves de l’école primaire où il travaillait, le défi a ensuite été lancé à tous les élèves de 12 ans et moins de Mascouche, puis au grand public. « N’eût été la pandémie, la 12e édition aurait eu lieu les 3 et 4 octobre dernier. Chaque année, on attire entre 1400 et 2000 participants. »

Les Mascouchois ne sont pas les seuls à bouger grâce à M. Pelletier, puisqu’il fait également partie de l’organisation de la Grande marche de Mascouche, encouragée par le Grand défi Pierre Lavoie, qui attire des sportifs de la région de la MRC des Moulins. Quand on lui demande pourquoi il en fait autant, sa réponse ne se fait pas attendre : « Comme retraité, on se sent utile lorsqu’on est actif. J’ai l’impression de rendre quelque chose à la communauté. Quand je vois des gens heureux et avoir du plaisir, c’est ma paie. »