Ce ne sera pas un choix : à partir de la cinquième année du primaire, les élèves devront porter le masque dans les aires communes des écoles du Québec. Les parents peuvent donner un petit coup de pouce pour que leurs enfants adoptent le couvre-visage. Voici comment.

Catherine Handfield Catherine Handfield
La Presse

Soutenir la motivation

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LAPRESSE

Geneviève Beaulieu-Pelletier, psychologue clinicienne et professeure associée à l’Université du Québec à Montréal

Aux yeux de la psychologue clinicienne Geneviève Beaulieu-Pelletier, l’essentiel, c’est que l’enfant comprenne le sens de la demande qui lui est faite. En comprenant pourquoi il faut porter le masque (pour protéger les autres), il aura la motivation de le faire, dit-elle. « Il va pouvoir le porter en comprenant, en décidant », explique Geneviève Beaulieu-Pelletier, professeure associée à l’UQAM. La pédiatre américaine Perri Klass, qui a signé des articles sur le sujet dans le New York Times, est du même avis. « Pas besoin de prétendre que c’est toujours plaisant, porter le masque, mais il faut leur faire comprendre que, parce qu’ils portent le masque, parce qu’on porte tous le masque, ça devient plus sécuritaire de faire des choses qui comptent vraiment : être avec des amis, apprendre, voir les gens qu’on aime, particulièrement les plus vulnérables », nous dit Perri Klass, professeure en journalisme et pédiatrie à l’Université de New York.

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, LAPRESSE

Thomas, 11 ans, avec un de ses nouveaux masques pour l’école cet automne.

Miser sur… le confort

C’est un truc presque trop simple. Pourtant, il revenait partout quand l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) a fait une revue de la littérature sur le port du masque. Le masque doit être… confortable. « Il a beau avoir de belles couleurs, si après deux minutes il est humide, qu’il nous colle et qu’on n’est pas capable de bien respirer, il faut changer », résume la Dre Chantal Sauvageau, médecin-conseil à l’INSPQ. Car non, dit-elle, ce n’est pas normal d’avoir de la difficulté à respirer dans un masque. « C’est que le tissu n’est pas adéquat, ou que la forme ne permet pas d’avoir un espace entre le nez, la bouche et le tissu », dit-elle. Il faut donc chercher un couvre-visage de la bonne taille, qui s’ajuste bien au visage de l’enfant, et qui laisse un « petit lousse » entre le nez et la bouche et le tissu. Les masques qui sont faits en accordéon, entre autres, permettent souvent un tel ajustement, selon la Dre Sauvageau. « Souvent, il faut en essayer plus qu’un pour trouver chaussure à son pied », conseille-t-elle.

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, LAPRESSE

Thomas, 11 ans, avec un de ses nouveaux masques pour l’école cet automne.

Les laisser choisir

Une fois qu’on trouve un modèle de couvre-visage bien ajusté et confortable, l’enfant peut lui-même choisir l’imprimé et même le décorer. « Si vous décorez votre masque, si vous faites des jeux avec, ou si tout le monde dans la maison se procure des masques coordonnés, par exemple, ça rend le tout plus familier, et ça permet à l’enfant d’avoir un peu plus de contrôle », croit la pédiatre Perri Klass. Il existe d’ailleurs plusieurs modèles ludiques sur le marché, souligne la médecin-conseil Chantal Sauvageau, qui a vu passer des masques à l’effigie de Harry Potter et des personnages de Disney. Chez les adolescents, pour qui l’avis des pairs compte, le masque peut devenir une forme d’expression identitaire, constate la psychologue Geneviève Beaulieu-Pelletier. « Le masque jetable de la pharmacie… ce n’est pas super attrayant, résume-t-elle. Mais si on prend le temps d’aller faire choisir un modèle ou deux modèles réutilisables à notre adolescent, on le rend un peu plus autonome dans son choix, et ça devient une façon d’exprimer ce qu’il a envie d’afficher, même s’il est obligé de le porter. »

PHOTO FOURNIE PAR PERRI KLASS

Perri Klass, pédiatre et professeure en journalisme et pédiatrie à l’Université de New York

Apprivoiser le masque

Des enfants ont déjà été habitués au masque cet été, mais d’autres le sont moins. D’autres, encore, sont anxieux à l’idée de le porter, note la psychologue Geneviève Beaulieu-Pelletier. La première étape ? Porter le masque devant l’enfant. « C’est immense, déjà, ce que ça peut avoir comme impact », dit la psychologue, qui souligne que sa fille de 2 ans a appris à aimer le masque en voulant imiter son frère et sa sœur. Le parent peut aussi faire porter des masques aux toutous, ou faire des jeux avec (Geneviève Beaulieu-Pelletier a notamment joué avec ses enfants à faire deviner l’expression faciale sous le couvre-visage, ce qui permet de s’amuser tout en apprenant à mieux communiquer avec un masque !). Pour se familiariser, les enfants peuvent le porter, par exemple, quand les grands-parents viennent en visite, conseille Chantal Sauvageau, de l’INSPQ. La pédiatre Perri Klass a bon espoir qu’avec le temps, comme ça a été le cas pour le port du casque chez les skieurs, le couvre-visage deviendra « naturel, normal ».