Peu de temps après que la Santé publique a autorisé les rassemblements extérieurs de 10 personnes, le curé Francis McKee a célébré une union dans le jardin de son église. « Au lieu de faire un BBQ, on a fait un mariage ! »

Véronique Lauzon Véronique Lauzon
La Presse

Bien que les célébrations de mariages religieux n’aient jamais été interdites comme telles pendant la pandémie, il pouvait être difficile d’en organiser, même sans convive. Car la loi est claire : le célébrant, les époux et les témoins doivent être présents en personne.

Voilà donc une rare chose qui ne pouvait se faire par Zoom ces derniers mois ! « Les mariages ne peuvent pas être célébrés en mode visioconférence », confirme le Directeur de l’état civil.

Ajoutez à cela une difficulté supplémentaire : les rassemblements religieux dans les lieux de culte sont suspendus depuis le début de la crise sanitaire, à moins d’être essentiels.

Ces contraintes, on le devine, ont donc forcé la majorité des couples qui devaient unir leurs destinées ces derniers mois à remettre leur union à une date ultérieure. Ainsi, « 90 % des mariages ont été remis à plus tard », a confirmé l’abbé Francesco Giordano à La Presse.

Mais quelques téméraires ont plutôt choisi de croiser les doigts, de ne pas annuler, et d’espérer que la Santé publique finisse par assouplir ses règles afin qu’ils puissent célébrer leur mariage. Et le temps leur a donné raison.

« Au début du mois de juin, nous avons décidé d’ouvrir nos églises aux mariages », a raconté l’abbé Francesco Giordano.

PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE

L’abbé Francesco Giordano

Certains couples, dont ceux qui veulent commencer une famille, par exemple, ne voulaient tout simplement pas attendre après la pandémie pour se marier.

L’abbé Francesco Giordano

Et c’est donc à partir du 20 mai dernier, au moment où Québec a autorisé les rassemblements extérieurs de 10 personnes et moins, qu’un peu partout dans la province, ces couples fébriles ont enfin pu se dire « oui, je le veux ».

Le curé Francis McKee en a déjà célébré deux en moins d’un mois. « Un des couples ne voulait pas remettre son mariage à plus tard, mais sans la permission des rassemblements à 10 personnes, il aurait été impossible de le faire. Dès qu’il a appris la nouvelle, le couple s’est mis à planifier le mariage. Une semaine plus tard, les deux étaient mariés ! », raconte le curé McKee, qui a célébré l’union de ce couple dans le jardin de l’église. « Une belle cérémonie de 40 minutes, il faisait beau en plus ! »

PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE

Le curé Francis McKee a célébré un mariage sur ce terrain derrière son église

Ce couple, comme la plupart de ceux qui se marieront sans invités, va renouveler ses vœux dans un an, avec famille et amis. « Ils sont tout à fait à l’aise avec ça. En fait, tous les couples à qui j’en parle aiment l’idée d’une deuxième cérémonie », dit M. McKee, curé depuis 33 ans.

« Pour les couples qui se marient avec les règles strictes, le curé leur propose de renouveler les vœux, donc de refaire la cérémonie lorsque les rassemblements seront permis, explique l’abbé Giordano. Ils pourront ainsi faire une grande fête avec leurs proches pour célébrer leur union comme il se doit. »

« Dans les circonstances actuelles, c’est notre façon de répondre à la situation. On fait de notre mieux pour s’adapter », poursuit l’abbé Francesco Giordano.

Lorsque les rassemblements seront à nouveau permis, l’abbé croit qu’il y aura « peut-être trop de demandes de célébrations pour que tout le monde puisse avoir une date un samedi ».

« Je pense que les gens devront être plus créatifs, conclut-il, peut-être en choisissant un autre jour de semaine ou un mariage blanc à l’hiver. »