Parce que le système éducatif traditionnel n’enseigne pas à avoir les mains moites, à résoudre des problèmes insolubles ou à embrasser l’inconnu, l’école des sciences de la créativité La Factry vient de mettre sur pied un programme unique, et surtout inusité, pour mieux outiller les jeunes qui vont entrer dans le vaste monde du travail.

Silvia Galipeau  Silvia Galipeau 
La Presse

Avis aux intéressés : la formation est gratuite et l’appel de candidatures vient tout juste d’être lancé. En tout, on souhaite enrôler 20 jeunes « audacieux » de 18 à 27 ans dès janvier, pour ici « sortir du cadre traditionnel », et ce, pour une durée de huit mois.

De quoi s’agit-il ?

La Factry — dont les bureaux éclairés, épurés et colorés, avec ses Post-it (colorés toujours) étalés partout aux murs, lui donnent des airs de tout, sauf d’une école — s’est donné comme mission de former les professionnels et les jeunes en matière de créativité. Son dernier projet, baptisé Pause, porte d’ailleurs très bien son nom. Il se veut une pause entre le cursus scolaire et l’entrée sur le marché du travail. Pendant 14 semaines, les jeunes suivront ici une formation dite « en action », avant d’appliquer toutes ces nouvelles connaissances dans un stage rémunéré, d’une durée de 16 semaines. Le tout (estimé à 8000 $ par jeune) est couvert par une subvention du Service de développement économique de la Ville de Montréal et de la Fondation RBC. Bref, oui, c’est bel et bien gratuit.

« C’est cliché à dire, mais le monde du travail se transforme tellement vite, explique Marie Amiot, cofondatrice de cette école hors norme, confortablement installée dans un canapé. Donc nous, on veut s’occuper de ce dont l’école ne s’occupe pas, mais qui est hyper puissant sur le marché du travail. »

L’idée, c’est de mettre la créativité dans leur packsac.

Marie Amiot, cofondatrice de La Factry

Grande collaboration

Le contenu de la formation (qui dépasse la créativité, et touche autant l’intelligence émotionnelle que la résolution de conflits, en passant par la pensée critique) a été développé en collaboration avec l’Université du Québec à Montréal (UQAM), l’École de technologie supérieure (ETS) et le Collège Sainte-Anne. Semaine après semaine, en explorant différents thèmes (de la collaboration au jeu, en passant par l’art de briser une règle), les jeunes assisteront à des ateliers plus ou moins traditionnels, en plus d’avoir accès à du mentorat et à du coaching, toujours par des experts plus ou moins traditionnels (du coaching en chant pour surmonter ses mains moites, ça vous dit quelque chose ?). L’idée, ultimement, étant ici d’apprendre à mieux se connaître, à trouver sa voie (avec la collaboration de différents Carrefours Jeunesse-Emploi), créer, et enfin se réaliser. Des visites d’entreprises innovantes et la réalisation d’un projet créatif en collaboration avec la Ville de Montréal sont aussi au programme.

En sortant d’ici, les jeunes vont avoir une longueur d’avance sur le marché du travail. Ils auront développé des soft skills (résolution de problèmes, collaboration, cocréation, esprit critique) en accéléré, ce que tu apprends généralement sur le tas et qui prend plusieurs années.

Marie Amiot

À noter : La Factry accepte les candidatures jusqu’à la fin d’octobre. Une seconde cohorte suivra l’automne prochain. Ni les dossiers scolaires ni la fameuse cote R ne seront pris en compte dans la sélection des candidats. Vous l’aurez compris : ce qu’on cherche ici, ce sont davantage des jeunes qui « sortent du cadre » et qui veulent « faire les choses différemment ». Plusieurs entreprises se sont déjà manifestées pour le stage rémunéré, notamment la boîte d’animation Rodeo FX, le média Beside, ainsi que les agences Cossette et Sid Lee.

Consultez le site de La Factry