C'est doux et chaud, avec des saveurs cacaotées, sans être lourd comme un chocolat chaud. C'est une tisane faite de cosses de cacao, à découvrir grâce à Avanaa, la fabrique de chocolat du Nord. Explications.

Mis à jour le 10 déc. 2017
Marie Allard LA PRESSE

Séparer

Pour faire une tisane de chocolat, il faut d'abord avoir une... vanneuse. «Je mets les fèves de cacao que j'ai torréfiées dans la vanneuse, qui les concasse», explique Catherine Goulet, propriétaire de la microfabrique de chocolat Avanaa, dans le quartier Villeray, à Montréal. La machine sépare ensuite l'éclat de l'écale de cacao, le premier servant à faire le chocolat (miam!) et le second, la tisane (miam plus raisonnable!).

Tamiser

«Je tamise les écales de cacao pour ne pas avoir trop de poussière dans la tisane», indique Catherine Goulet. La boisson est généralement fabriquée avec du cacao de Colombie ou d'Équateur. «Je n'utilise pas les grains de République dominicaine pour la tisane, parce que je trouve les écales trop acides», fait valoir la chocolatière, qui importe ses cacaos de petites fermes et coopératives d'Amérique latine.

Infuser

C'est à la manière du café filtre que Catherine Goulet aime préparer la tisane de cacao. «Je mets deux poignées d'écales dans un filtre et je verse de l'eau bouillante dessus, décrit-elle. Ça donne une tisane corsée, qu'on peut étirer avec de l'eau.» Autre possibilité: laisser infuser la tisane dans une mousseline ou une boule à thé, pendant trois à quatre minutes, le temps qu'elle prenne une jolie teinte ambrée.

Goûter

«Il faut ajouter un peu de miel ou de sucre à la fin, conseille Catherine Goulet. On peut aussi utiliser des épices, comme la cannelle ou le clou de girofle.» Au goût, c'est étonnant. Plus savoureux qu'attendu, c'est un délice pour les amants du chocolat et une dose d'énergie bienvenue en hiver. «La théobromine du cacao, c'est merveilleux, souligne la chocolatière. Ça agit comme la caféine, mais sans donner de down. Ça fait qu'on est de bonne humeur.»

Chocolat du Nord

Avanaa veut dire «qui provient du Nord», en inuktitut. Géologue, Catherine Goulet travaillait au Pérou quand elle a découvert le chocolat artisanal local, si varié d'une région à l'autre. «Ça m'a fait triper», se souvient-elle. Revenue à Montréal, elle a commencé à fabriquer du chocolat pour le plaisir, «puis c'est devenu un truc plus présent», résume-t-elle. Sa microfabrique de chocolat «bean-to-bar» a ouvert il y a un an.

Quant à la cosse des fèves, «en Amérique centrale et du Sud, on s'en sert traditionnellement comme breuvage, indique- t-elle. Les femmes enceintes en consomment beaucoup. J'y ai goûté dans une communauté maya, au Belize. Au Pérou, ils infusent aussi les écales dans le lait chaud.» Oh, la bonne idée...

photo IVANOH DEMERS, LA PRESSE

Pour faire une tisane de chocolat, il faut d'abord avoir une... vanneuse.