Jusqu’à la fin de l’année, des personnalités nous parlent des cadeaux étonnants qu’ils ont reçus dans le passé.

Samuel Larochelle Samuel Larochelle
Collaboration spéciale

Ne comptez pas sur Jean-Marie Lapointe pour chérir un objet reçu en cadeau pendant des années. Et ce, même si la popularité de son père, Jean Lapointe, l’a fait grandir dans l’abondance. « Il y a 30 ans, c’était comme être le fils de Martin Matte. On vivait dans les millions et on a eu des cadeaux hallucinants. Mais ce n’est pas ce qui m’a marqué le plus… »

Il se rappelle plutôt une série de moments que son père lui a offerts chaque année quand il était ado, en lui demandant de l’accompagner à la Maison Jean Lapointe le 24 décembre. Les deux hommes rencontraient alors les résidants en thérapie fermée de plusieurs semaines.

« J’étais triste d’imaginer qu’ils ne verraient pas leur famille durant les Fêtes, mais mon père m’a fait réaliser quel genre de Noël ces gens auraient l’année suivante, s’ils faisaient leur thérapie au complet et qu’ils allaient mieux : le même genre que je vivais avec mes sœurs depuis que papa était devenu sobre. Je suis reparti le cœur à la fois triste et plein d’espoir. »

Depuis bientôt deux décennies, Jean-Marie s’offre un autre cadeau en rencontrant les adolescents qui suivent une thérapie au centre Le Grand Chemin. « Le 24 décembre, entre 22 h et minuit, je vais voir les jeunes qui sont isolés pendant 8 à 10 semaines pour se restructurer. » Déguisé en père Noël, il les invite à s’asseoir autour de lui pour lire à voix haute les lettres dans lesquelles chaque ado a écrit ce qu’il souhaitait recevoir. 

Les jeunes entendent ce que leurs amis ont écrit. C’est un exercice thérapeutique extrêmement touchant et intime qui permet d’entendre une partie de l’âme de chacun à laquelle on n’a pas toujours accès.

Jean-Marie Lapointe

En 20 ans, jamais il n’a lu de demandes pour de l’argent, une console de jeux vidéo ou une nouvelle voiture. « Ils espèrent de l’aide pour s’en sortir, pour retrouver un but à leur vie, pour avoir plus confiance en eux ou pour que leurs parents soient fiers d’eux. Quand je lis ça, je suis connecté à leur fragilité et à leur espoir. »

Peu importe ce que ses proches prévoient le 24 décembre, Jean-Marie Lapointe passe la journée à la Maison Jean Lapointe avec les résidants et la fin de soirée avec les ados. Le lendemain, il sert de la nourriture aux gens de la rue à l’Accueil Bonneau. « Ces deux journées-là me permettent de goûter à la vraie magie de Noël qui passe par le don et la générosité. C’est ça, le plus beau cadeau. »