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Des décors presque aussi vrais que la vie

Le salon de Virginie... (Photo Le Soleil)

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Le salon de Virginie

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La designer Michèle Ouellet voulait pousser le réalisme et donner l'impression que les personnages Agathe et Hercule habitent «un appartement du Plateau pas retouché» et qu'ils ont leurs meubles depuis longtemps.

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Les séries télévisées et les téléromans doivent une grande part de leur crédibilité à leurs décors. Certaines émissions sont tournées en studio, d'autres dans des maisons existantes. Elles sont parfois d'époque, souvent contemporaines. Survol de trois émissions, sous l'angle de la décoration et de la direction artistique.

La machine à espresso et le grille-pain rutilent. Le frigo est plein. Sur sa porte, un agencement d'aimants disparates. Sur le comptoir, quelques bouteilles de vin, un livre de recettes végétariennes et des sachets de tisane. Une cuisine banale, quoi, sur un plateau de télévision pas ordinaire. Bienvenue chez Virginie!

 La designer Michèle Ouellet «déteste le fake». «Le fake, c'est de la vieille télé», décrète celle qui travaille depuis quatre ans avec Fabienne Larouche, c'est-à-dire depuis que l'auteure est devenue productrice de sa quotidienne, en ondes pour sa 11e année à Radio-Canada. Depuis trois ans, le tournage de Virginie se déroule dans six studios du Centre des dramatiques de Radio-Canada, au sous-sol de la tour du boulevard René-Lévesque, à Montréal.

Il faut un lieu gigantesque pour loger les meubles et les accessoires qui composent la centaine de décors de ce téléroman. Seuls le salon de Virginie, un mur de la cafétéria et un corridor du campus Sainte-Jeanne-d'Arc, l'école où enseigne l'héroïne, sont montés en permanence. «Les autres sont toujours en mouvement, explique Michèle Ouellet. C'est comme un jeu de dominos.» Chaque fois qu'un décor est installé ou déplacé, des techniciens refont les joints des murs avec du ruban. Rien n'échappe à l'oeil du téléspectateur.

Deux journées de répétitions, quatre jours de tournage à raison de 20 scènes quotidiennement, c'est le temps nécessaire aux quatre émissions de la semaine. «Pour chacun de ces blocs, il y a toujours un ou deux nouveaux décors», mentionne la designer. Avant Noël, par exemple, on a pu voir le bureau et la salle d'attente du pédiatre, une suite d'hôtel et un palais de justice.

Michèle Ouellet adore créer des décors de lieux publics. Mais elle en a plein les bras avec les appartements des personnages. Virginie (Chantal Fontaine) habite un condo, dans un quartier de Montréal qui pourrait être Rosemont. Elle l'avait acheté avec Bernard (Jean L'Italien), son mari, avant qu'il ne soit victime d'un enlèvement en Colombie. Aujourd'hui, Stéphane (Peter Miller) a remplacé Bernard dans la vie de l'enseignante. Et il s'est installé dans le condo de sa douce.

 Chaleur télégénique

Michèle Ouellet a profité de l'arrivée du nouvel amoureux pour redécorer l'appartement. «Pour le salon, je suis partie des armoires de cuisine et de leurs chaudes couleurs de terre, raconte-t-elle. Elles conviennent à la tête italienne de Virginie.» À la pénombre ou au soleil du matin, cette chaleur est très télégénique, se réjouit- elle. Et elle fait écho au personnage principal, une femme de goût, qui aime son confort, enceinte de son premier enfant à 40 ans. La fillette née la semaine dernière s'appelle Stéphanie.

Michèle Ouellet l'a gratifiée d'une chambre «à l'européenne», tout en camaïeu de beige. Pour cette enfant de la télé, la designer a choisi des meubles et des accessoires Jacadi. Ses parents se contentent d'un édredon IKEA, de lampes et de rideaux achetés chez Zone, et de coussins dénichés chez Winners. «C'est féminin, mais pas fifille», résume Mme Ouellet. L'orangé et le vert pimentent cette pièce d'allure contemporaine. Derrière les fenêtres à angle, on aperçoit le mur de brique de la maison voisine.

Chez Hercule (Martin Larocque) et Agathe (Geneviève Néron), ce souci de réalisme est encore plus flagrant. «On a mis une chaîne sur la porte d'entrée, fait remarquer la designer. Et quand cette porte est ouverte, on voit celles des appartements voisins. De la cuisine, l'été, on aperçoit le débarras derrière la moustiquaire.» Michèle Ouellet voulait donner l'impression qu'Agathe et Hercule habitent «un appartement du Plateau pas retouché» et qu'ils ont leurs meubles depuis longtemps.

Les boiseries, les murs de petites lattes, la vieille malle qui sert de table à café, les deux fauteuils de cuir d'une autre époque trahissent les goûts d'un homme dont la déco n'est pas la priorité. Seule concession à la mode: des murs vert sauge et une table de cuisine IKEA que Mme Ouellet a fait recouvrir d'une plaque de marbre, très pratique dans cette pièce où les comptoirs sont rares. Et quelle audace, ces chaises de métal faites pour supporter ce Hercule poids lourd!

Maisons de poupées

Michèle Ouellet a toujours été fascinée par les maisons de poupées. Après ses beaux-arts, après avoir eu un restaurant et une boutique, avoir touché à la publicité et au cinéma, puis travaillé avec Fabienne Larouche sur la série Fortier, la voici designer d'un téléroman plein de mégamaisons de poupées. Et de mégabureaux! L'école avait explosé - pour les fins de l'intrigue - alors que le tournage se déroulait dans d'anciens studios.

Lorsque l'équipe s'est installée au Centre des dramatiques de Radio-Canada, les élèves se sont retrouvés dans une nouvelle école secondaire jumelée à un cégep, le campus Sainte-Jeanne-d'Arc. C'est Michèle Ouellet qui en a signé le nouveau look, inspiré de l'époque où elle étudiait au Cégep de Jonquière. Il y a une murale bleu et beige à l'entrée, très années 70, un plancher de terrazzo et des murs d'«arborite» fini bois.

Le bureau de Michel Rivest (Marcel Leboeuf), le directeur, est sobre et sombre, à l'image de cet homme taciturne toujours en complet- cravate. Les différentes salles de réunion donnent toutes sur d'autres pièces vitrées ou sur des corridors, où les gens vont et viennent, comme dans la vraie vie. «Dans la cafétéria, on sent vraiment que des gens ont mangé ici», observe Michèle Ouellet. Les étagères de métal sont remplies de plateaux sales sur lesquels sont éparpillés des restes de repas et des serviettes de papier froissées.

Tout l'équipement est vrai. Derrière ces 100 décors, il y a une somme inimaginable de magasinage et de «récupération» de matériel dans les entrepôts de Radio-Canada. «Il y a toujours quelque chose à transformer», souligne la designer. Elle aime que ses décors «conçus pour être mobiles» aient quatre murs fermés. Comme dans la réalité.

Le nouveau site Internet www.virginieboivin.com vous permet de les visiter.




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