Situé à quelques minutes de marche de la frontière américaine du centre-ville, le Bazar de Stanstead surprend les visiteurs dès l’entrée. Avec ses 32 stands aussi invitants les uns que les autres, voilà une véritable caverne d’Ali Baba, d’où l’on est sûr de repartir les mains pleines !

Emmanuelle Mozayan-Verschaeve
Emmanuelle Mozayan-Verschaeve Collaboration spéciale

Initialement, ce bâtiment situé dans le charmant village de Stanstead abritait le Musée du granit. Le propriétaire, Gabriel Safdie, louait l’espace et, au début de 2019, le lieu servait de marché aux puces sur les trois quarts de la superficie, le reste étant utilisé comme une sorte de magasin à un dollar. « J’ai pris ma retraite la même année et j’ai loué un espace pour pouvoir vendre des choses, car j’ai beaucoup d’antiquités chez nous », raconte Sylvie Boudreau. Les ventes allaient bon train pour elle, et des idées de développement germaient… puis la pandémie est arrivée et, naturellement, l’endroit a fermé.

En juin 2020, quand les centres commerciaux ont rouvert, plusieurs des neuf exposants avaient mis la clé sous la porte et le propriétaire cherchait un locataire qui s’occuperait du lieu. Toujours motivée par le projet, Mme Boudreau a cherché d’autres vendeurs et le groupe s’est tranquillement étoffé, passant de 15 à l’automne 2020 à une trentaine en juillet. « On s’est créé un nom, Le Bazar de Stanstead, parce que c’est compréhensible en français et en anglais et que le mot “bazar” évoque un endroit où l’on trouve de tout dans certains pays, comme le Maroc », explique celle qui est aujourd’hui directrice générale.

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Dynamique et férue d’objets anciens, Sylvie Boudreau est à la tête du Bazar de Stanstead.

Antiquaires, brocanteurs et artisans se partagent l’espace, sans être nécessairement sur place puisque deux personnes, dont Mme Boudreau, s’occupent des ventes. La clientèle se promène à son rythme d’un stand à l’autre dans ce lieu inspiré du concept des antiques malls américains. « C’est extrêmement important pour moi que les kiosques soient bien tenus, que tout soit propre, bien rangé, afin que l’ensemble reste invitant », souligne Mme Boudreau.

Traverser les époques

  • L’un des stands du Bazar est consacré au design Mid-Century.

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    L’un des stands du Bazar est consacré au design Mid-Century.

  • De l’ours empaillé au bibelot antique, il y en a pour tous les goûts !

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    De l’ours empaillé au bibelot antique, il y en a pour tous les goûts !

  • Valises, plaques d’immatriculation, tableaux, caméras… Le Bazar de Stanstead ravit de nombreux collectionneurs.

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    Valises, plaques d’immatriculation, tableaux, caméras… Le Bazar de Stanstead ravit de nombreux collectionneurs.

  • Les visiteurs se promènent à loisir d’un stand à l’autre au Bazar de Stanstead.

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    Les visiteurs se promènent à loisir d’un stand à l’autre au Bazar de Stanstead.

  • Il y a une trentaine de stands à découvrir au bazar.

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    Il y a une trentaine de stands à découvrir au bazar.

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Effectivement, une ambiance chaleureuse règne à l’intérieur et tout est agencé pour piquer la curiosité du promeneur. De l’art populaire au Mid-Century, on traverse les époques, on s’émeut devant un objet évoquant un souvenir, on découvre les créations d’artisans talentueux et on trouve enfin la commode qui nous manquait, le lustre de nos rêves, des idées de cadeaux originales.

« Nous voulons favoriser le recyclage, redonner une deuxième vie aux meubles, aux objets, aux vêtements et aussi encourager des artisans d’ici pour leur offrir une vitrine. Les gens sont agréablement surpris par la qualité des produits proposés et font de belles trouvailles à des prix raisonnables », remarque l’ancienne douanière et maître-chien, qui a vécu dans différentes régions du Canada et des États-Unis.

J’ai voyagé beaucoup, alors j’ai souvent eu à me défaire de tout pour recommencer à zéro, et je crois que je n’ai jamais acheté de meubles neufs. On peut faire plein de belles choses avec des articles de seconde main, créer des décors éclectiques et personnalisés.

Sylvie Boudreau, directrice générale du Bazar de Stanstead

C’est d’ailleurs souvent dans cette expectative que bien des gens visitent le bazar. Ils peuvent y trouver des trésors restaurés dans les règles de l’art, mis au goût du jour, complètement transformés ou simplement encore dans leur jus. « J’ai des clients fidèles de l’Estrie qui viennent faire un tour chaque semaine parce qu’on renouvelle souvent le stock des stands pour que ça reste attrayant, mais aussi des gens de Montréal, de l’Ontario. Toutes les générations aiment ça ! »

Sans compter qu’avec la pandémie et le boom immobilier, conclut Mme Boudreau, il y a « plein de nouveaux arrivants qui se sont installés à Stanstead où il y a de très grosses maisons… qu’il faut meubler ! Je pense qu’on a un beau concept, qui ne peut qu’évoluer. »

Trois marchands à découvrir sur place

Les objets retapés de Lisa

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Lisa Gauthier réactualise meubles et objets.

Lisa Gauthier loue un stand au bazar depuis février dernier. Elle récupère des tas de trucs en brocante et dans les comptoirs familiaux. « Ce sont des choses tachées, abîmées, auxquelles je redonne vie et un côté tendance. Je voyais l’engouement pour le recyclage, alors j’ai décidé de vendre la collection de peinture minérale que j’utilise [Peinture Fusion, faite au Canada] — elle peut être appliquée sur toutes les surfaces. J’anime aussi des ateliers pour expliquer la technique aux gens, en plus de proposer mes créations », informe-t-elle. Habile et imaginative, Lisa réalise des miracles en habillant par exemple un objet de pochoirs, en dotant un meuble de boutons de verre raffinés ou en le rafraîchissant avec une coloration punchée.

Le savoir-faire de Claire

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Les meubles ancestraux retrouvent leur splendeur d’antan grâce à Claire Vincelette et son conjoint.

Claire Vincelette et Serge LeBlanc sont toujours en quête d’antiquités pour leur maison1. « C’est un peu par hasard qu’on s’est arrêtés là pour trouver des objets. À un moment donné, un stand s’est libéré et comme on accumule beaucoup de choses chez nous, on a décidé de le louer », se souvient Claire Vincelette. Le couple restaure patiemment des meubles et des objets dans le but de leur redonner leur lustre d’antan, tout en veillant à préserver leur cachet originel. Parallèlement, Mme Vincelette, qui fait beaucoup de travaux manuels, a pris un deuxième stand pour vendre ses créations de tricot, dont d’irrésistibles chandails de bébé, des bonnets répondant à tous les styles et de superbes châles modernes réalisés à la broche.

Les trucs de gars de Denis

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Denis Lamoureux participe au Bazar depuis ses débuts.

Denis Lamoureux est dans le domaine de la brocante depuis plus de 25 ans et a participé au Bazar dès ses débuts. « J’ai loué un kiosque juste pour moi, pour proposer mes choses de gars, et ma conjointe a son propre stand à côté avec ses choses de fille ! Ma spécialité, c’est surtout les valises et les affaires sportives, que je restaure. Les fins de semaine, il y en a qui jouent au golf, moi, je fais ça, c’est ma passion et on s’amuse beaucoup ici ! », confie ce retraité très jovial.

Le Bazar de Stanstead est ouvert les samedis et dimanches, de 10 h à 16 h, et se situe au 14, boulevard Notre-Dame Ouest, Stanstead.

Lisez « Une maison comme un musée » Consultez la page Facebook du Bazar de Stanstead