On peut maintenant acheter tout, ou presque, pour parer sa maison de mille feux à l’approche de Noël. Mais certains choisissent encore la voie de l’originalité. Portraits de quelques « patenteux » de Noël, pour le moins doués.

Pierre-Marc Durivage Pierre-Marc Durivage
La Presse

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, LA PRESSE

Les enfants de Chantal Lanthier avaient 5 et 7 ans quand elle a imaginé ses casse-noisettes. « Pour eux, c’est devenu incontournable, ils ont grandi avec ça, tout comme avec les décorations que j’ai réalisées à l’intérieur. »

Chantal Lanthier, Boucherville

Designer de formation, Chantal Lanthier ne travaille plus dans le domaine, mais garde la main en confectionnant ses propres décorations de Noël, une fête qu’elle adore. « J’aime être originale et il y a trop d’offres dans les magasins pour se démarquer, nous affirme-t-elle. Ça m’interpelle d’être créative et d’avoir quelque chose de plus joyeux pour mieux garder mon cœur d’enfant. »

C’est ainsi qu’il y a 15 ans, elle a eu l’idée de construire des casse-noisettes géants en s’inspirant de personnages qu’elle avait vus dans un magazine. « Quelques années après la construction de la maison, nous avons ajouté un balcon à l’arrière, et en apercevant les tubes de carton utilisés pour couler le béton, je me suis rappelé ce que j’avais vu, j’ai donc acheté d’autres tubes de différentes grosseurs pour compléter l’assemblage », explique Mme Lanthier. Elle a taillé elle-même le vinyle acheté en rouleaux. « Somme toute, c’est un bricolage assez bon marché. »

« En fait, la pomme n’est pas tombée loin de l’arbre, poursuit Mme Lanthier. Mon père prenait des planches de contreplaqué et traçait les figures de personnages de Disney dans un esprit de Noël et il les affichait devant la maison. C’étaient des personnages originaux fabriqués en utilisant des matériaux simples. »

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Chantal Lanthier a eu l’idée de ses personnages en voyant des tubes de carton utilisés pour couler le béton.

Les enfants de Chantal Lanthier avaient 5 et 7 ans quand elle a imaginé ses casse-noisettes. « Pour eux, c’est devenu incontournable, ils ont grandi avec ça, tout comme avec les décorations que j’ai réalisées à l’intérieur : des pères Noël, des saints Nicolas et des tomtes — des gnomes de la mythologie scandinave. »

Mme Lanthier a songé à renouveler ses décorations extérieures, mais elle est un peu victime de son succès. « Comme ça fait 15 ans que j’ai fabriqué mes casse-noisettes, je voudrais les mettre en vente sur Kijiji et faire autre chose, mais les gens me disent de les garder, nous dit-elle. On continue de nous dire que c’est super beau, les gens sont encore intrigués de savoir comment on a fait ça, alors on va les garder encore un peu ! »

Karine Boivin et François Laroche, Roberval

PHOTO FOURNIE PAR KARINE BOIVIN ET FRANÇOIS LAROCHE

François Laroche, beau-père de Karine Boivin, en compagnie de ses deux petits-enfants, Benjamin et Béatrice

Quand La Presse a lancé son appel à tous pour trouver des bricoleurs du temps des Fêtes, Karine Boivin n’a pu s’empêcher de nous raconter l’histoire de son beau-père, François Laroche, un psychologue scolaire à la retraite qui ne connaissait pas grand-chose au travail manuel. 

« Avec tout son amour et son grand cœur, il a réussi à faire quelque chose de super beau, nous explique la jeune mère de famille. C’est à l’occasion du premier Noël de ma fille, il y a cinq ans, qu’il nous a fait la surprise en nous donnant un premier renne. L’année suivante, à la naissance de notre garçon, il nous a offert le bonhomme de neige. »

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À l’occasion du premier Noël de la fille de Karine Boivin, il y a cinq ans, son beau-père leur a donné un premier renne.

Les petites sculptures construites avec des morceaux de cèdre et de bouleau récupérés en forêt ont une signification toute particulière pour Karine Boivin ; sa fille Béatrice est le fruit d’une ultime tentative en procréation in vitro alors que le petit Benjamin est un véritable « bébé » miracle. « François a voulu nous laisser un souvenir en lien avec le début de notre famille, c’est un symbole de tendresse et d’amour si précieux, raconte la jeune femme. Pour les enfants, cela leur fait bien sûr penser à leur grand-père, mais chez nous, c’est aussi quand on sort ces décorations-là que la magie de Noël commence véritablement. »

PHOTO FOURNIE PAR KARINE BOIVIN ET FRANÇOIS LAROCHE

Le beau-père de Karine Boivin a offert un bonhomme de neige à la naissance de son garçon.

Une occasion que grand-papa François s’efforce de ne pas manquer, d’ailleurs. « Ça permet de développer des liens importants avec les petits, nous dit le sexagénaire, qui a aussi fabriqué des rennes en bois pour ses deux autres petites-filles. Je suis content de ce que je fais, et je suis heureux de voir les petits qui m’aident à installer les sculptures en posant des questions. On les voit grandir et on se rappelle à quel point c’est beau. »

Jean-Marc Lalonde et Nicole Labelle, Sainte-Thérèse

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Ça fait 12 ans que Nicole Labelle et Jean-Marc Lalonde bricolent leurs propres décorations de Noël.

Ça fait 12 ans que Jean-Marc Lalonde et Nicole Labelle bricolent leurs propres décorations de Noël. Ils renouvellent leurs thèmes tous les deux ans, mais ajoutent chaque année à leurs mises en scène. 

« Dès que l’été est fini, on pense déjà à ce qu’on va faire en décembre, explique Nicole Labelle. Parce qu’on a notre réputation à Sainte-Thérèse, les gens font le détour pour venir voir ce qu’on va ajouter ! Quand on change de thème, on recycle une bonne partie du matériel, mais j’en donne aussi à mon papa de 93 ans, qui les met à sa main. L’an dernier, il a gagné le premier prix de décoration de sa résidence pour aînés ! »

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Jean-Marc Lalonde et Nicole Labelle reviennent cette année avec trois chorales fabriquées à partir de planches de terrasse.

Parents de trois enfants maintenant adultes, Jean-Marc Lalonde et Nicole Labelle reviennent cette année avec trois chorales fabriquées à partir de planches de terrasse. Mais cette fois, ils ont décidé d’ajouter un chef d’orchestre pour diriger les petits chanteurs de bois. « Sur le marché, il n’y a rien d’extraordinaire, soutient Jean-Marc Lalonde. Un personnage gonflable, c’est bien beau, mais ce n’est pas la même chose que de fabriquer ce que tu as en tête. Le plus gros défi, c’est de se renouveler, être toujours un peu plus créatif sans tomber dans la quétainerie. C’est facile de mettre des lumières partout dans la maison, mais pour nous, il faut qu’il y ait une histoire. »

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Comme la maison de Nicole Labelle et Jean-Marc Lalonde est face à une école, beaucoup de gens voient les décorations.

Pour installer leurs décorations, M. Lalonde et Mme Labelle ont dû faire des aménagements particuliers, notamment sur le plan des installations électriques en plus de prévoir l’espace d’entreposage quand vient le temps de démanteler tout le matériel. Mais le jeu en vaut la chandelle. « On est en face d’une école, il y a donc beaucoup de monde qui voit nos décorations, souligne Mme Labelle. C’est beau de voir la joie des enfants qui passent, c’est magique ! »

« Il y a des parents qui s’attardent avec leurs enfants à trouver les nouveaux détails de nos décorations, poursuit de son côté Jean-Marc Lalonde. Des gens nous ont déjà remerciés d’embellir le quartier. Ça nous a vraiment touchés. »