Un banc, un tréteau et des vases faits de rebuts de passerelles piétonnières, voilà les étonnantes pièces de mobilier que deux diplômées de l’École de design de l’UQAM ont exposé plus tôt cet été au 14e festival Design Parade Hyères, en France.

Sarah Rahmouni
La Presse

C’est dans un atelier parsemé de retailles de métal que Charlotte Barbeau Desjardins et Leila Desrosiers Arslanian ont pensé, dessiné et monté leurs premières pièces d’exposition. Pour les fabriquer à partir de chutes d’aluminium fabriqué au Québec, elles ont utilisé des procédés de pliage, de perçage et d’assemblage, sans avoir recours à la soudure ou à la déformation. Elles voulaient ainsi revaloriser des rebuts industriels tout en préservant leur structure — pour l’essentiel des pièces obtenues auprès d’un fabricant de passerelles piétonnes et cyclistes.

« C’est important qu’on reconnaisse le profilé de base, la matière parle d’elle-même », explique Charlotte.

« L’aspect visuel de l’objet [issu de la récupération] ne va pas dépendre de notre goût, de notre style. C’est ce qui fait que ces pièces ont un aspect visuel qui leur est propre. »

D’apparence minimaliste, le banc et le tréteau ont néanmoins été inspirés par l’image d’une poutre supportée par des colonnes.

Ce n’est qu’un début

C’est dans le cadre d’un cours donné par le professeur invité Adrien Rovero, designer suisse, que les deux créatrices ont commencé à travailler l’aluminium. Avec « acharnement et finesse », selon le professeur, les deux jeunes femmes ont poursuivi leur exploration une fois la session universitaire terminée. « Elles ont une sensibilité qui est très développée pour les objets, les matériaux, les détails », indique-t-il.

Pour Charlotte et Leila, partenaires depuis le début de leur baccalauréat en design de l’environnement, ce séjour en Europe leur a permis de profiter d’« une visibilité exceptionnelle ». Avec son projet baptisé Série 6000, le tandem nord-américain était le seul parmi les 10 finalistes à ne pas avoir été formé en Europe. Cette présence a aussi été l’occasion pour les diplômées de promouvoir la scène du design intégré montréalaise. « On veut montrer que Montréal a un potentiel énorme en design », explique Charlotte.

L’aventure est loin d’être terminée pour les designers de 26 et 30 ans. Parallèlement à leur implication au festival d’Hyères, elles ont lancé leur propre studio à Montréal, le Studio Barbeau-Desrosiers, un projet auquel elles se consacreront dès leur retour. Elles continueront d’explorer « le monde de possibilités » que leur offrent les matières produites au Québec, sans se limiter à l’aluminium. Elles souhaitent mettre leurs créations en vente dans un proche avenir.