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Impression 3D: design maison

Vases, lampes, objets déco... tous ces objets ont... (PHOTO JACQUES BOISSINOT, COLLABORATION SPÉCIALE)

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Vases, lampes, objets déco... tous ces objets ont été imprimés en 3D par Simon Picard.

PHOTO JACQUES BOISSINOT, COLLABORATION SPÉCIALE

En attendant de voir nos demeures construites de toutes pièces avec des imprimantes 3D géantes, cette technologie s'immisce déjà sous notre toit et sur les planches de nos architectes, à plus petite échelle, pour donner un nouveau relief à nos projets d'intérieur.

UNE NOUVELLE DIMENSION POUR OBJETS ET PROJETS

L'impression 3D a plutôt bonne presse ces dernières années, mais que nous apporte-t-elle concrètement? Son utilité dépasse-t-elle le cercle des passionnés de petites figurines de jeux de plateau? Il suffit de se rendre dans les quartiers de Michel Grenier, à Montréal, pour constater l'étendue du potentiel de cette technologie pour notre habitat quotidien.

Celui qui s'est procuré une première imprimante du genre en juillet, sautant sur une aubaine, a commencé par créer une version 3D du jeu de société Catan. De fil en aiguille, cherchant à maximiser le potentiel créatif du procédé, il a acquis une meilleure imprimante, amélioré ses habiletés en la matière et s'est mis à concevoir et «imprimer» toutes sortes de rangements et supports personnalisés pour les installer dans son logis.

«Après le défi de Catan, je me suis attaqué à la composition de mes propres pièces qui allaient répondre à un besoin. Étant un maniaque de gestion et de rangement, j'essaye de trouver une façon de bien ranger tout ce qui traîne», expose-t-il.

L'imprimante n'a pas tardé à combler ses désirs d'organisation: ici, un support mural pour brosse à dents, dentifrice et verre de rinçage; là, un petit râtelier à outils spécifiquement conçu pour les dimensions de ses pinces et tournevis; plus loin, un ingénieux distributeur à cotons-tiges - et on en passe.

«On pourrait acheter ces objets en magasin, mais des fois, ce n'est pas exactement la hauteur ou les dimensions dont tu as besoin.»

«Par exemple, si j'ai besoin de refaire une des tablettes de mon armoire, ça sera plus long à faire [avec l'impression 3D], mais ça va rentrer exactement dans l'emplacement», explique M. Grenier.

Simon Picard a réalisé une série de lampes... (PHOTO JACQUES BOISSINOT, COLLABORATION SPÉCIALE) - image 2.0

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Simon Picard a réalisé une série de lampes stylées avec cette technologie. Il a ensuite mis les modèles à disposition des autres imprimeurs s'ils souhaitent les reproduire chez eux.

PHOTO JACQUES BOISSINOT, COLLABORATION SPÉCIALE

Réparer, voire améliorer

Au Québec, les entreprises qui proposent des services d'impression 3D ne cessent de se multiplier. Aux portes de Lezar3D, des clients de 7 à 77 ans viennent toquer pour matérialiser leurs créations, mais aussi pour réparer meubles et mécanismes dont on ne trouve plus les pièces sur le marché, ou qui sont vendues dans des kits complets seulement.

«Dernièrement, un de nos clients voulait garder sa salle de bains des années 50. On lui a refait le couvert et les clips de sa toilette en reproduisant les pièces originales. [...] On a aussi un propriétaire d'immeuble qui voulait réparer ses clips à fenêtres brisés. Au lieu de changer des fenêtres à 300 $ chacune, ça lui a coûté 20 $ par clip», cite Robert Gagnon, propriétaire de l'entreprise montréalaise.

Au-delà de l'avantage pécuniaire, il y a aussi un souci d'amélioration. «On ne fait pas de copie de pièce, on la redessine, précise M. Gagnon. On regarde pourquoi elle a brisé et on va la redessiner pour en faire une nouvelle, plus solide.»

Fantasmes de designers

Mais il n'y a pas que supports, chevilles et autres clips fonctionnels et sans âme au menu 3D. Cette technologie s'avère un eldorado pour les designers en quête de LA bébelle personnalisée qui complétera une décoration spécifique.

Avec patience et pratique, les apprentis sorciers de la 3D concrétisent leurs idées en chair et en plastique, avec un éventail de possibilités éminemment large: vases aux formes géométriques improbables, corbeille à fruits design, porte-bouteille délirant, distributeur de bonbons en forme de crâne...

Armé de son imagination et de son imprimante, Simon Picard, un passionné de cette nouvelle technologie installé à Québec, a ainsi créé plusieurs lampes de chevet et abat-jour au design séduisant.

«La conception a été assez simple. Ayant travaillé et étudié dans le domaine du jeu vidéo il y a plusieurs années, j'avais déjà une bonne connaissance de la modélisation 3D. La lampe est en quatre pièces, pour un total d'environ 15 heures d'impression», explique-t-il, précisant que les plans et fichiers ont été gratuitement mis à la disposition d'autres utilisateurs. «J'ai profité de beaucoup de modèles d'objets gratuitement, alors c'est une façon de redonner», justifie-t-il.

En effet, pour ceux qui sont en panne d'inspiration ou peu habiles en conception 3D, bon nombre de sites web spécialisés fourmillent de modèles libres de droits et prêts à être téléchargés et imprimés. Bougeoirs, cages à oiseaux, décorations variées... un vrai marché aux puces numérique. Simon Picard et Michel Grenier y ont ainsi puisé des modèles de pots à plantes originaux, récipients ou animaux miniaturisés très esthétiques. M. Picard parvient même à obtenir un effet bois saisissant sur certains objets déco.

«Je sable et teins la pièce. Le filament de plastique utilisé contient de la poussière de bois, ce qui permet de sabler et aide la teinture à pénétrer la matière. Ce n'est qu'avec la teinture que l'effet bois apparaît», explique Simon Picard, adepte de l'impression 3D.

«Ensuite, je ponce légèrement à la laine d'acier pour donner une petite variation dans l'intensité de la teinture», explique-t-il.

Une communauté active

Un des traits saillants du monde de l'impression 3D est le développement d'une collaboration active. Tout «imprimeur» peut compter sur l'aide d'une communauté en ligne très développée. «Tout le monde n'est pas capable de créer [des objets 3D], mais on peut se fier aux gens qui vont inventer des objets, souligne Michel Grenier. Souvent, quelqu'un propose un modèle avec une licence autorisant les modifications, et quelqu'un d'autre va pouvoir le corriger, si nécessaire, et le rendre disponible aux autres.»

De nombreux forums et groupes Facebook se sont également échafaudés pour aider les créateurs à monter et utiliser leur imprimante. Autant de phares dans ce nouvel univers technique, mais passionnant.

LES ARCHITECTES S'Y METTENT

Le cabinet d'architecture Lemay a recours à l'impression... (PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE) - image 3.0

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Le cabinet d'architecture Lemay a recours à l'impression pour fabriquer des pièces de maquette qui sont ensuite combinées avec d'autres matériaux. Ici, les pièces imprimées en 3D sont combinées à du bois.

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE

De toutes premières maisons grandeur nature ont été bâties grâce à des imprimantes 3D gigantesques aux Pays-Bas, aux États-Unis ou encore en France. Même si nous sommes encore loin d'une démocratisation de cette technique de construction, les cabinets d'architecture se sont entre-temps approprié l'impression 3D pour la réalisation de maquettes et projets. Avec pour avantage d'être mieux détaillés ou d'obtenir un grain spécifique, et d'être présentés rapidement aux clients.

La firme québécoise Lemay a ainsi investi, il y a un an, dans un tel outil qui, s'il fut d'abord utilisé avec parcimonie, tourne aujourd'hui à plein régime.

«Plus ça va aller, plus ce médium-là va se développer», assure Éric Pelletier, architecte, associé principal, conception, chez Lemay.

«C'est un médium supplémentaire auquel on a accès, ça nous permet de générer des formes qui sont un peu plus complexes et de les rendre palpables.»

«Cela permet aussi de les regarder sous d'autres angles, de rendre plus dynamique le contact avec l'architecture, et c'est quelque chose que les clients apprécient», poursuit M. Pelletier.

Ainsi, le cabinet peut présenter plusieurs versions d'un même projet résidentiel, comme il l'a récemment fait pour des tours de condominiums dans le cadre d'un appel d'offres.

Avant de réaliser leurs projets les plus fous... (Photo tirée du site web de Werk5) - image 4.0

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Avant de réaliser leurs projets les plus fous à grande échelle avec du béton, les architectes peuvent faire leurs présentations en combinant différentes techniques, dont l'impression 3D. Ici, la firme allemande Werk5 a produit la maquette de présentation d'un immeuble résidentiel à Berlin pour un projet de Daniel Libeskind, en recourant entre autres à l'impression 3D.

Photo tirée du site web de Werk5

Lemay, qui planche aujourd'hui sur Humaniti, un projet mixte comprenant résidences, hôtel et commerces au centre-ville de Montréal, a fait appel à l'impression 3D pour obtenir une miniature de ce futur bâtiment avant-gardiste en forme de H. La mini-tour, combinée à des éléments en bois, est ensuite placée dans une maquette plus large représentant le quartier.

Partout dans le monde, la technologie s'est immiscée chez les architectes. Ainsi, la firme allemande Werk5, spécialisée dans le maquettisme, obtient des modèles réduits plutôt époustouflants grâce à l'impression 3D, combinée à des techniques plus classiques.

Souci du détail

Les imprimantes génèrent des bâtiments entiers, mais peuvent aussi servir pour de simples détails, par exemple pour obtenir une texture spécifique sur des éléments précis d'une structure. «Ça peut aller de la maquette qui représente la tour dans la ville jusqu'au petit objet qui représente une petite pièce de la maison ou un détail pour lequel on a besoin d'avoir une meilleure compréhension en 3D», explique M. Pelletier, brandissant l'exemple de la façade d'un ensemble résidentiel sur lequel Lemay travaille actuellement, et pour lequel un grain particulier a pu être obtenu grâce à l'imprimante 3D.

«Ce qui est intéressant dans le résidentiel, c'est que cela permet aux clients qui sont peut-être moins experts de voir assez rapidement quel sera le résultat final ou les intentions du résultat final», conclut l'architecte.

TROIS QUESTIONS SUR L'IMPRESSION 3D

Simon Picard en plein travail de fabrication... (PHOTO JACQUES BOISSINOT, COLLABORATION SPÉCIALE) - image 5.0

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Simon Picard en plein travail de fabrication

PHOTO JACQUES BOISSINOT, COLLABORATION SPÉCIALE

> Comment ça marche?

Grossièrement, à partir d'un fichier récupéré sur l'internet (bon nombre sont libres de droits) ou créé avec un logiciel de dessin 3D spécifique (certains sont gratuits), on transmet, par l'entremise d'un autre logiciel dit «slicer» les informations d'impression à son appareil. «C'est pratiquement une machine à coudre, illustre Michel Grenier, devenu un adepte du procédé. En gros, une bobine de plastique est enfilée dans un extrudeur qui guide le filament vers un élément chauffant, puis il sort par la buse qui va le faire fondre et construire la pièce en couches, de bas en haut.» Il faut compter plusieurs heures pour l'exécution, selon la taille et les détails de l'objet, voire une nuit entière dans certains cas.

D'autres procédés existent, mais celui qui est décrit ici est le plus courant parmi les imprimantes grand public.

> Combien ça coûte?

On peut acheter sa propre machine, dont le prix peut varier entre 250 $ pour un mini-modèle et 5000 $ et plus pour des imprimantes plus grandes et plus élaborées. Le prix d'une bobine sera lié à son poids, ses propriétés et sa qualité. Compter, par exemple, 25 $ pour un kilo de filament de base.

Si l'on préfère imprimer chez un entrepreneur, «c'est le temps d'impression qui va décider» du prix, indique Robert Gagnon, de Lezar3D. Les dimensions, mais aussi la qualité des détails, vont notamment influencer ce temps. On peut parler de 20 $ pour une simple pièce, mais cela peut vite monter pour des projets plus complexes. Demandez un devis. M. Gagnon précise qu'établir le dessin soi-même et imprimer en plusieurs exemplaires permet de comprimer les coûts.

> Est-ce facile à utiliser?

Les utilisateurs débrouillards ou avec une expérience avec des logiciels de design classiques ou de modélisation 3D n'auront aucun mal à s'adapter. Pour les autres, plus de temps sera nécessaire, mais une communauté très active s'est développée sur le web pour guider les néophytes. «Comprendre le principe reste quand même facile», précise M. Gagnon, qui offre des formations dans les écoles ou pour des groupes.




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