Au moins 31 personnes ont été tuées depuis le début de l’année dans le camp d’Al-Hol en Syrie, qui abrite des dizaines de milliers de déplacés et des membres de familles de djihadistes, a indiqué mercredi à l’AFP un responsable kurde.

Agence France-Presse

La recrudescence de la violence et des meurtres, qui n’ont pas épargné des travailleurs humanitaires, a poussé mardi l’ONG Médecins sans frontières (MSF) à annoncer la suspension de ses activités dans ce camp du nord-est de la Syrie tenu par les forces kurdes.  

L’ONU a maintes fois mis en garde contre une détérioration accrue de la situation sécuritaire dans ce camp, le plus vaste de Syrie.

Retour de l’État islamique au camp

« Depuis début 2021, 31 personnes ont été tuées, dont six à l’aide d’un objet tranchant, et les autres abattues par des tirs de pistolets », a indiqué à l’AFP Jaber Cheikh Moustafa, un responsable kurde du camp.  

« Nous pensons que des cellules de “Daech” (groupe État islamique, NDLR) sont derrière ces meurtres […] qui se produisent en particulier dans la section réservée aux Irakiens et aux Syriens », a-t-il ajouté, précisant que la majorité des personnes tuées étaient des Irakiens.  

Le camp accueille près de 62 000 personnes, dont 93 % de femmes et d’enfants, selon l’ONU, principalement des Syriens et des Irakiens, mais également des milliers d’étrangères et leurs enfants originaires notamment d’Europe ou d’Asie, qui sont des proches de djihadistes de l’EI.

Le camp a connu ces derniers mois plusieurs incidents impliquant parfois des partisans de l’EI, dont des tentatives d’évasion et des attaques contre des gardes ou des employés d’ONG.

MSF a notamment rappelé dans un communiqué mercredi la mort le 24 février d’un de ses employés dans le camp, « tué dans la tente où il vivait » avec sa famille.

Samedi, trois autres employés de l’ONG ont été blessés dans un incendie qui s’est propagé à plusieurs tentes, faisant au total sept morts et une trentaine de blessés.

Selon un rapport de l’ONU publié début février, la présence de djihadistes emprisonnés et de leurs familles dans des camps de déplacés des forces kurdes, notamment celui d’Al-Hol, constitue une « menace latente ».  

MSF a annoncé « suspendre temporairement ses activités externes dans le camp », dont « certaines relatives à l’approvisionnement et à l’assainissement de l’eau », à l’intérieur du camp surpeuplé, selon le communiqué.

« Ce n’est pas un environnement sûr et certainement pas un endroit approprié pour les enfants. Il faut mettre fin à cette situation cauchemardesque », a déploré l’ONG, qui estime que « la fréquence des assassinats est choquante ».

« Les autorités ont la responsabilité d’assurer la sécurité des personnes, à tout moment », a insisté MSF.