Les affrontements entre djihadistes et rebelles se sont encore étendus jeudi dans le nord-ouest de la Syrie, faisant plus de trente morts dans les deux camps au troisième jour des combats, a indiqué une ONG.

Mis à jour le 3 janv. 2019
AGENCE FRANCE-PRESSE

Depuis mardi, Hayat Tahrir al-Cham, groupe djihadiste formé par l'ex-branche syrienne d'Al-Qaïda, affronte une puissante coalition de factions rebelles soutenue par la Turquie, le Front national de libération (FNL).

Les combats d'abord limités aux territoires rebelles de la province d'Alep, ont embrasé les provinces voisines d'Hama et d'Idleb, ultime grand bastion insurgé du Nord-ouest syrien, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Mercredi, 17 combattants de HTS et 16 membres du FNL ont péri dans les combats, selon l'OSDH.

Au total, 75 combattants des deux bords ont été tués en trois jours d'affrontements ainsi que six civils, d'après la même source.

« De nouveaux fronts se sont ouverts », a indiqué à l'AFP le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane. Les affrontements ont gagné le sud-ouest d'Idleb, et le nord-ouest d'Hama, selon lui.

Les deux formations sont à couteaux tirés depuis deux ans et s'affrontent régulièrement pour prendre le contrôle de territoires.

Par ailleurs, HTS poursuit sa progression et a conquis 17 localités et villages, selon M. Abdel Rahmane.

Tout a commencé lundi quand les djihadistes de HTS avaient accusé Noureddine al-Zinki, une faction du FNL, d'avoir tué cinq de leurs combattants, et ont alors lancé une offensive contre des positions rebelles dans la province d'Alep.

La province d'Idleb est très souvent le théâtre de luttes intestines entre djihadistes et rebelles, parfois marquées par des assassinats ciblés ou des attentats à la bombe.

Elle fait l'objet depuis septembre d'un accord russo-turc qui a permis à la région d'échapper à une offensive du régime de Bachar al-Assad, en instaurant une « zone démilitarisée » pour séparer les secteurs insurgés des régions gouvernementales attenantes.

Déclenché en 2011 par la répression de manifestations pacifiques par le régime, le conflit en Syrie a fait plus de 360 000 morts et des millions de déplacés et réfugiés.

La guerre s'est complexifiée au fil des ans avec l'implication de puissances étrangères et de groupes djihadistes, sur un territoire de plus en plus morcelé.