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Le premier ministre ukrainien démissionne

Le premier ministre ukrainien, Arseni Iatseniouk, à Kiev,... (PHOTO  ANATOLII STEPANOV, ARCHIVES AFP)

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Le premier ministre ukrainien, Arseni Iatseniouk, à Kiev, le 17 juin.

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Née en novembre de la volte-face du pouvoir, qui a renoncé à un rapprochement avec l'UE pour signer un accord avec Moscou, la contestation ukrainienne s'est depuis muée en révolte contre le président Ianoukovitch. Une crise qui plonge l'Ukraine au bord de la guerre civile, alors que les affrontements entre opposants et forces de l'ordre ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. »

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Michel VIATTEAU, avec Dario THUBURN à Donetsk
Agence France-Presse
KIEV

Le premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk a annoncé jeudi sa démission, qui survient en plein conflit armé avec les séparatistes prorusses et sur fond d'accusations américaines de tirs russes, tandis que les problèmes nés de l'écrasement de l'avion de ligne malaisien sont loin d'être réglés.

Intervenant  de surcroit sur fond de crise économique, la démission de M. Iatseniouk - qui doit être encore approuvée par le Parlement pour devenir effective - semble causée par une divergence avec le président Petro Porochenko concernant la stratégie politique de la majorité gouvernementale.

Le chef de l'État s'est montré favorable à la disparition de la coalition actuelle pour aller vers des élections législatives anticipées, alors que son premier ministre, très apprécié des Occidentaux, trouvait que le moment n'était pas bien choisi, vu la situation de l'Ukraine.

«J'annonce ma démission compte tenu de la dislocation de la coalition parlementaire, qui bloque les initiatives gouvernementales», a déclaré M. Iatseniouk au parlement.

La dissolution de la coalition «aura des conséquences dramatiques pour le pays», a-t-il mis en garde.

«Qui votera des lois impopulaires en ayant en tête les élections ?», s'est-il interrogé.

«Il est inacceptable d'échanger le sort du pays contre des intérêts politiques étroits. C'est un crime moral et politique», a affirmé l'homme politique, sans jamais citer le chef de l'État M. Iatseniouk est membre du parti Batkivchtchina de Ioulia Timochenko, la plus importante force de la coalition et qui est opposée à des législatives anticipées.

Accusations américaines, sanctions européennes

Pendant que Kiev est secoué par cette crise politique inattendue, les combats entre loyalistes et rebelles prorusses s'intensifient et les accusations d'implication directe des forces de Moscou dans le conflit pleuvent.

Les États-Unis ont à cet égard affirmé jeudi détenir des preuves selon lesquelles des militaires russes ont procédé à des tirs d'artillerie à partir de la Russie sur des positions de l'armée ukrainienne.

L'Union européenne a, de son côté, renforcé ses sanctions ciblées contre la Russie en ajoutant à sa liste noire 15 personnalités et 18 entités accusées de soutenir les séparatistes dans l'est de l'Ukraine.

Les Pays-Bas ont, eux, annoncé qu'ils allaient dépêcher 40 gendarmes sans armes sur le site de la chute, le 17 juillet, de l'avion de Malaysia Airlines, en vue de «stabiliser la zone», actuellement sous le contrôle des insurgés prorusses et où se trouveraient toujours des corps de victimes de l'écrasement.

Le premier ministre australien Tony Abbott, dont 28 de ses concitoyens étaient à bord du Boeing, a pour sa part déclaré que 50 policiers australiens étaient prêts à partir de Londres.

Quant à la mission de l'OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe), elle a signalé que ses observateurs avaient pu se diriger jeudi matin vers le site de l'écrasement, à Grabove.

Deux avions, un néerlandais et un australien, qui transportaient au total 74 cercueils, ont atterri jeudi aux Pays-Bas, un jour après l'arrivée des quarante premiers corps.

La chute du Boeing, abattu par un missile tiré selon les États-Unis à partir d'une zone contrôlée par les rebelles, avait au total fait 298 morts, dont 193 Néerlandais.

Missile air-air

Sur le terrain, les combats semblent surtout porter sur le contrôle de la frontière russo-ukrainienne, dont les séparatistes occupent une partie, ce qui leur permet, selon Kiev, de recevoir des renforts de Russie, y compris chars et autres blindés.

Moscou a l'intention d'envoyer des «lance-roquettes plus lourds et plus puissants» aux insurgés, a affirmé la porte-parole adjointe du département d'État, Marie Harf, citant des sources du renseignement américain.

L'armée ukrainienne a indiqué avoir perdu quatre hommes au cours des dernières 24 heures.

Selon des indications de source rebelle, impossibles à confirmer de sources indépendantes, une unité de parachutistes loyalistes est encerclée à proximité de la frontière russe. C'est pour débloquer ce détachement que Kiev aurait envoyé la veille quatre chasseurs Soukhoï, dont deux ont été abattus.

Quelques heures avant sa démission, le premier ministre  Iatseniouk a indirectement accusé la Russie d'avoir causé la destruction d'au moins un de ces appareils.

«Le deuxième chasseur a été probablement abattu par un missile air-air. Cela veut dire qu'il a été abattu par un autre chasseur qui n'était certainement pas ukrainien», a-t-il dit.

Autre signe de la tension croissante, les insurgés ont annoncé aux journalistes travaillant sur leur territoire qu'il leur était désormais interdit de s'approcher des zones de combat, et même des points de contrôle, sans autorisation ponctuelle préalable.

La chaîne d'information américaine CNN a demandé jeudi la libération d'un Ukrainien qui travaille pour elle retenu par les séparatistes depuis deux jours, tandis qu'un Britannique employé par la chaîne de télévision russe proche du Kremlin en langue anglaise Russia Today (RT) a été pris en otage par les forces ukrainiennes, a annoncé RT.




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