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Accord pour une désescalade en Ukraine: Obama reste sceptique

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Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov a précisé dans une conférence de presse que l'accord prévoit le désarmement des groupes armés illégaux et l'évacuation des bâtiments occupés.

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Née en novembre de la volte-face du pouvoir, qui a renoncé à un rapprochement avec l'UE pour signer un accord avec Moscou, la contestation ukrainienne s'est depuis muée en révolte contre le président Ianoukovitch. Une crise qui plonge l'Ukraine au bord de la guerre civile, alors que les affrontements entre opposants et forces de l'ordre ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. »

Pierre TAILLEFER, Nicolas REVISE
Agence France-Presse
Genève

Les Occidentaux, Kiev et Moscou ont conclu un accord jeudi à Genève pour une désescalade rapide des tensions en Ukraine au bord de l'éclatement, espoirs d'apaisement vite douchés par des déclarations de Barack Obama.

Le président américain a déclaré n'avoir aucune certitude que l'accord conclu permette une désescalade sur le terrain et prévenu que d'autres sanctions américaines et européennes à l'encontre de Moscou seraient prises en cas d'impasse.

«Je ne pense pas qu'on puisse être sûr de quoi que ce soit à ce stade. La possibilité existe que la diplomatie puisse conduire à une désescalade de la situation», a-t-il déclaré depuis la Maison-Blanche.

Mais, a-t-il souligné, «il faudra encore plusieurs jours pour voir si les déclarations se concrétisent».

L'accord, qui prévoit notamment le désarmement des groupes armés illégaux et l'évacuation des bâtiments occupés, paraissait hors d'atteinte pour les diplomates avant la réunion.

«Tous les groupes armés illégaux doivent être désarmés, tous les bâtiments saisis illégalement doivent être rendus à leurs propriétaires légitimes, toutes les rues, les places et les autres lieux publics dans les villes ukrainiennes doivent être libérés», indique le document.

La mission de surveillance de l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE) sera chargée d'aider les autorités ukrainiennes à mettre en oeuvre ces mesures.

C'est le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, qui a le premier annoncé l'accord lors d'une conférence de presse. Moscou avait multiplié ces derniers jours les déclarations de fermeté, le président Vladimir Poutine lançant une nouvelle fois jeudi la menace voilée d'un recours à la force en Ukraine.

«Nous avons approuvé un document, la déclaration de Genève du 17 avril, dans lequel nous sommes d'accord sur la nécessité de prendre des mesures initiales concrètes pour obtenir une désescalade des tensions et pour assurer la sécurité de tous les citoyens ukrainiens», a déclaré M. Lavrov.

La diplomate en chef de l'Union européenne Catherine Ashton, qui représentait l'UE à ces discussions quadripartites, a souligné que «l'OSCE doit jouer un rôle dirigeant» dans l'application de l'accord, dont le texte prévoit que les États-Unis, l'UE et la Russie sont prêts à fournir des observateurs.

De son côté, le Premier ministre britannique David Cameron a indiqué avoir accepté de collaborer avec M. Obama sur le renforcement des sanctions contre Moscou, et promis 1,2 million d'euros supplémentaires pour une mission de surveillance en Ukraine.

Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a salué l'accord et encouragé toutes les parties à montrer «le sérieux de leur engagement et leur bonne foi et à mettre en oeuvre les mesures contenues dans l'accord de Genève qui contribuera à une solution durable à cette crise».

Prochains jours cruciaux

Le document adopté prévoit aussi une amnistie pour ceux qui respecteront les dispositions de l'accord, à l'exception de «ceux qui sont coupables de crimes de sang».

La Russie n'a «aucun désir» d'envoyer des troupes en Ukraine, a affirmé M. Lavrov devant la presse. «Cela serait contre nos intérêts fondamentaux».

Le secrétaire d'État américain John Kerry, tout en se félicitant de la conclusion de l'accord, a mis en garde Moscou. «Si nous ne voyons pas de progrès, alors nous n'aurons pas d'autre choix que d'imposer plus de sanctions», a-t-il lancé.

L'engagement de la Russie à Genève «sera un test, on verra si la Russie veut aider à la stabilité de cette région», a estimé le chef de la diplomatie ukrainienne Andrii Dechtchitsa. «Il est important que ces mesures commencent à être appliquées (...) et les deux ou trois prochains jours seront cruciaux».

«C'est un premier pas important mais beaucoup d'autres doivent encore suivre», a affirmé le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier sur la première chaîne de télévision publique ARD.

L'accord stipule aussi que le processus constitutionnel annoncé par le gouvernement transitoire ukrainien sera «transparent», «avec l'établissement d'un large dialogue national, pour inclure toutes les régions ukrainiennes et toutes les entités politiques».

«Au-delà de l'inacceptable»

Les tensions sur le terrain restent très fortes. Des affrontements qui ont fait trois morts ont opposé dans la nuit de mercredi à jeudi insurgés pro-russes et loyalistes au pouvoir de Kiev.

À Donetsk, des inconnus ont distribué des tracts obligeant les juifs à s'enregistrer en tant que tels dans cette ville en proie à une insurrection pro-russe.

«Cela sent une provocation. Nous ne savons pas qui est derrière. Mais c'est une provocation, on la considère comme telle. Le sujet est clos», a commenté le rabbin Pinkhas Vychedski.

Cette action va «au-delà de l'inacceptable», a dénoncé John Kerry.

Lors d'une longue séance télévisée de questions-réponses diffusée avant l'annonce de l'accord de Genève, M. Poutine a fait monter les enchères, avertissant qu'il «espère fortement» ne pas être «obligé de recourir» à l'envoi de ses forces armées en Ukraine.

Le chef du Kremlin a exhorté les autorités ukrainiennes à accepter le «dialogue», au risque de mener le pays vers le «gouffre», et réclamé des «garanties» pour les droits des populations russophones de ces régions orientales ukrainiennes.

Il a également qualifié de «foutaises» les affirmations selon lesquelles les forces russes seraient impliquées dans les troubles dans l'Est du pays.

Obama doute de l'application de l'accord

Le président des États-Unis Barack Obama a dit jeudi n'avoir aucune certitude que l'accord conclu sur l'Ukraine à Genève permette une désescalade sur le terrain et prévenu que d'autres sanctions américaines et européennes à l'encontre de Moscou seraient prises en cas d'impasse.

«Je ne pense pas qu'on puisse être sûr de quoi que ce soit à ce stade. La possibilité existe que la diplomatie puisse conduire à une désescalade de la situation», a-t-il déclaré depuis la Maison-Blanche.

Mais, a-t-il souligné, «il faudra encore plusieurs jours pour voir si les déclarations se concrétisent». Avec les Européens, «nous avons préparé des mesures supplémentaires que nous pouvons imposer contre les Russes si nous ne voyons pas d'amélioration réelle de la situation», a-t-il dit.

«J'espère que nous verrons une application (de l'accord) dans les prochains jours, mais je ne pense pas qu'on puisse compter dessus, étant donné ce qu'on a vu dans le passé», a déclaré le président américain.

L'accord conclu à Genève entre les États-Unis, la Russie, l'Union européenne et l'Ukraine prévoit notamment le désarmement des groupes armés illégaux et l'évacuation des bâtiments occupés. La mission de surveillance de l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE) sera chargée d'aider les autorités ukrainiennes à mettre en oeuvre ces mesures.

Évoquant en outre «le geste d'intimidation» des forces russes massées près de la frontière avec l'Ukraine, Barack Obama a dit voir «la main de la Russie» derrière le «chaos» actuel dans l'est et le sud de l'Ukraine.

«Mais la Russie a l'occasion de changer d'approche. Nous les encourageons à le faire», a-t-il déclaré.

Barack Obama a aussi dit s'être entretenu jeudi par téléphone avec la chancelière allemande, Angela Merkel.

«Les dirigeants ont souligné que la Russie devait prendre des mesures immédiates et concrètes pour conduire à une désescalade de la situation dans l'est de l'Ukraine, notamment en usant de son influence sur les forces irrégulières dans l'est de l'Ukraine, pour qu'elles rendent les armes et quittent les bâtiments qu'elles ont saisis», a détaillé la Maison-Blanche.

Un autre coup de fil était prévu plus tard avec le premier ministre britannique, David Cameron.




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