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Moscou menace de recourir à la force dans l'Est ukrainien

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Le président Vladimir Poutine à Moscou, le 17 avril.

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Née en novembre de la volte-face du pouvoir, qui a renoncé à un rapprochement avec l'UE pour signer un accord avec Moscou, la contestation ukrainienne s'est depuis muée en révolte contre le président Ianoukovitch. Une crise qui plonge l'Ukraine au bord de la guerre civile, alors que les affrontements entre opposants et forces de l'ordre ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. »

Nicolas REVISE, Luc PERROT
Agence France-Presse
GENÈVE ET MOSCOU

Le président russe Vladimir Poutine a fait peser jeudi la menace voilée d'un recours à la force en Ukraine, en pleines tractations à Genève entre la Russie, les États-Unis, l'UE et l'Ukraine pour tenter de dénouer la pire crise Est-Ouest depuis la Guerre froide.

Ces premiers pourparlers quadripartites se tiennent en pleine tension sur le terrain, où des affrontements qui ont fait trois morts ont opposé dans la nuit insurgés pro-russes et loyalistes au pouvoir pro-européen de Kiev.

Lors d'une longue séance télévisée de questions-réponses, le président Poutine a fait monter les enchères, avertissant qu'il «espère fortement» ne pas être «obligé de recourir» à l'envoi de ses forces armées en Ukraine.

Le chef du Kremlin a exhorté les autorités ukrainiennes à accepter le «dialogue», via les entretiens quadripartites de Genève, au risque de mener le pays vers le «gouffre». Il a également qualifié de «foutaises» les affirmations selon lesquelles les forces russes seraient impliquées dans les troubles dans l'Est de l'Ukraine. M. Poutine a encore réclamé des «garanties» pour les droits des populations russophones de ces régions orientales ukrainiennes.

Il a aussi assuré que l'OTAN, dont des pays membres sont voisins de la Russie, ne lui faisait «pas peur». «Nous pouvons nous-mêmes tous les étouffer, pourquoi avez-vous peur?», a martelé le président en réponse à une journaliste russe.

Enfin, en guise de mise en garde à la Moldavie, un petit pays pro-européen, le président russe a jugé que la Transdniestrie, un territoire séparatiste, devait pouvoir «décider de son propre sort».

«Pas de fortes attentes à Genève»

La réunion diplomatique de Genève se tient dans un grand hôtel entre les ministres des Affaires étrangères ukrainien et russe, Andrïï Dechtchitsa et Sergueï Lavrov, le secrétaire d'État américain John Kerry et la chef de la diplomatie de l'Union européenne Catherine Ashton. Avant de s'enfermer, les quatre dirigeants n'ont quasiment pas dit un mot devant les caméras.

Des diplomates américains ont confié qu'ils escomptaient un «vrai dialogue» entre Moscou et Kiev et une «désescalade» des tensions dans l'Est de l'Ukraine. La secrétaire d'État adjointe pour l'Europe Victoria Nuland avait toutefois déclaré il y a une semaine à Washington que les États-Unis n'avaient «pas de fortes attentes» pour ces tractations de Genève.

Sur le terrain, juste avant les pourparlers de Genève, une attaque contre une unité de la garde nationale a été repoussée à Marioupol, dans le sud-est de l'Ukraine, faisant trois morts et 13 blessés parmi les assaillants, selon le ministre ukrainien de l'Intérieur. Les forces loyalistes n'ont pas subi de pertes et 63 assaillants ont été arrêtés, selon lui.

Mercredi, la confrontation avec les insurgés de l'est de l'Ukraine avait tourné à la déroute pour les forces du pouvoir pro-européen de Kiev.

Les forces loyalistes ukrainiennes ont en effet accumulé les revers face aux groupes armés autour de Slaviansk, ville emblématique de la dernière série d'insurrections pro-russes, contrôlée depuis samedi par des forces séparatistes.

Une colonne blindée ukrainienne envoyée dans le cadre de «l'opération antiterroriste» lancée par Kiev pour reprendre la main a été bloquée par des manifestants pro-russes.

Six blindés ont été saisis par un des groupes de combattants aux uniformes non identifiés qui multiplient les actions depuis 10 jours dans l'Est russophone. Ils ont rejoint, drapeaux russes au vent, la défense de Slaviansk.

Après des heures de confrontation avec des manifestants, les hommes du reste de la colonne - 15 blindés restés bloqués à Kramatorsk - ont fini, certains en larmes, par déposer les armes, sous les cris de «Bravo les gars».

Selon Kiev et les Occidentaux, ces groupes armés, ironiquement baptisés «hommes verts» en Ukraine, sont en fait des soldats d'élite russes, comme ceux qui étaient à l'oeuvre en Crimée avant le rattachement de la péninsule ukrainienne à la Russie en mars. Moscou nie avoir des soldats ou des agents en territoire ukrainien.

Dans un autre défi au pouvoir central, un groupe d'hommes cagoulés et armés se sont emparés de la mairie de la grande ville de Donetsk, fief russophone de l'Est.

Américains et Européens ont aussi prévenu que, faute de solution diplomatique à Genève, ils se préparent à durcir leurs sanctions contre la Russie.

Le président américain Barack Obama «a été très clair, si la Russie ne saisit pas cette opportunité pour une désescalade, le prix à payer va augmenter», a averti un diplomate américain voyageant avec M. Kerry. La Maison-Blanche a indiqué mercredi soir que les États-Unis préparaient «activement» de nouvelles sanctions contre Moscou.

«Chaque fois que la Russie prendra des mesures destinées à déstabiliser l'Ukraine et à violer sa souveraineté, il y aura des conséquences», a répété M. Obama sur CBS News. Les Russes «ont - au minimum - soutenu des milices non étatiques dans le sud et l'est de l'Ukraine», a-t-il accusé.

Et le président français François Hollande a renchéri jeudi, prévenant que l'UE envisageait d'étoffer ses sanctions en cas d'échec à Genève.

Pour le ministre ukrainien des Affaires étrangères Andrïï Dechtchitsa, la «voie diplomatique» est encore possible et «c'est la seule façon de stabiliser la situation». À son arrivée à Genève, il s'est dit prêt au dialogue avec la Russie, mais a exclu de parler de fédéralisation, comme le demandent Moscou et les insurgés.

Dans le même temps, l'UE a accepté de mener des discussions avec la Russie sur la sécurité des approvisionnements en gaz, après les menaces russes à ce sujet, selon le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso.




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