Un enseignant américain capturé par les forces menées par les Kurdes en Syrie a indiqué dans un entretien qui doit être diffusé mardi avoir été intrigué par le groupe djihadiste État islamique mais n'avoir pas combattu dans ses rangs.

Mis à jour le 15 janv. 2019
AGENCE FRANCE-PRESSE

Warren Christopher Clark fait partie des cinq étrangers - y compris un second Américain - dont les Forces démocratiques syriennes (FDS) ont annoncé la capture le 7 janvier dans l'est de la Syrie. Selon ces forces soutenues par la coalition internationale menée par les États-Unis, ils avaient rallié l'EI dans ce pays.

Dans les extraits d'un entretien à la chaîne NBC réalisé en Syrie, le Texan de 34 ans qui s'est converti à l'islam et a pris le nom d'Abu Mohammed al-Ameriki a dit des djihadistes : «Je voulais en apprendre davantage au sujet de leur idéologie».

«Je voulais aller voir de quoi il retournait vraiment avec ce groupe et voir ce qu'ils faisaient», a-t-il ajouté, expliquant être entré en Syrie par la Turquie en 2015 après avoir visionné des vidéos de décapitation perpétrées par l'EI.

«Je suis du Texas. Ils aiment exécuter des gens, aussi», a-t-il dit au sujet de cet État du sud des États-Unis où la peine capitale est appliquée. «Donc je ne vois pas la différence. Ils le font peut-être hors caméra mais c'est la même chose».

L'Américain a affirmé avec insistance n'avoir jamais combattu dans les rangs du groupe djihadiste qui, selon lui, l'a placé en détention à une dizaine de reprises à cause de son refus de prendre les armes, a précisé la chaîne sur son site internet.

Ancien enseignant remplaçant à Sugar Land, près de Houston, il dit avoir offert ses services de professeur d'anglais dans les territoires occupés par le groupe État islamique.

Les autorités américaines n'ont à ce stade pas indiqué ce qu'il allait advenir de lui et d'un autre citoyen américain que les forces kurdes ont annoncé avoir arrêté, Zaid Abed al-Hamid. M. Clark a précisé que la police fédérale américaine (FBI) avait pris contact avec lui.

Le président Trump a estimé par le passé que les extrémistes détenus à l'étranger devaient recevoir des châtiments sévères.

Les unités de protection du peuple (YPG), principale milice kurde en Syrie, ont par ailleurs annoncé le 9 janvier avoir arrêté huit étrangers ayant rejoint l'EI lors d'opérations menées les 6 et 7 janvier, dont un Américain de 16 ans et un Allemand de 31 ans. Les autres sont deux Ouzbeks, un Russe, un Ukrainien, un Tadjik et un Kazakh.