Les services de sécurité russes et ukrainiens ont déjoué une tentative d'assassinat contre Vladimir Poutine par des islamistes tchétchènes, qui devait avoir lieu peu après la présidentielle de dimanche.

Mis à jour le 28 févr. 2012
Frédérick Lavoie, collaboration spéciale LA PRESSE

C'est du moins ce qu'a annoncé hier la chaîne Pervy Kanal, à moins d'une semaine de l'élection qui devrait permettre à l'ex-président (2000-2008) de retourner au Kremlin. Dans son reportage exclusif, la première chaîne de télévision d'État russe, hautement contrôlée par le pouvoir, a expliqué que le complot a d'abord été découvert par les services ukrainiens. Au début du mois de janvier, l'explosion d'une bombe artisanale dans un appartement d'Odessa, dans le sud de l'Ukraine, a coûté la vie à l'un des trois Tchétchènes impliqués, tout en attirant l'attention des autorités. Un mois plus tard, les deux survivants ont été arrêtés.

Pour son reportage, la chaîne russe a eu accès aux images de l'arrestation et aux explications détaillées des services de sécurité sur les plans de l'opération visant à éliminer l'homme fort du pays. Elle a également pu interviewer l'un des deux suspects. Entaillé à plusieurs endroits au visage lors de son interpellation musclée, Adam Osmaïev, 31 ans, a avoué que «les préparatifs étaient terminés» et que l'attentat à la bombe contre le cortège motorisé de Poutine devait avoir lieu à Moscou «après l'élection présidentielle».

Ses complices et lui auraient agi sous les ordres de Dokou Oumarov, chef de la rébellion islamiste dans le Caucase russe et ennemi numéro un en Russie.

Si le complot semble très plausible, plusieurs observateurs ont relevé la «coïncidence» entre sa révélation tardive - un mois après les faits - et l'approche de l'élection présidentielle. Le politologue Dmitri Orechkine, proche de l'opposition, y voit ainsi «un signe que les dirigeants réels du système Poutine - des gens des services de sécurité - essaient de faire comme à l'ancienne et d'utiliser les mécanismes de mobilisation de l'opinion publique».