Le gouvernement libyen reconnu par la communauté internationale, qui accuse Ankara de soutenir ses rivaux islamistes, a annoncé dimanche qu'il écartait les compagnies turques de tous les projets publics.

Publié le 22 févr. 2015
AGENCE FRANCE-PRESSE

Le gouvernement d'Abdallah al-Theni a décidé de «revoir tous les projets accordés à des compagnies étrangères et d'écarter les compagnies turques de tous les projets dans l'État libyen», a-t-il indiqué dans un communiqué publié à l'issue d'une réunion du conseil des ministres.

Le gouvernement s'est réuni à al-Baida, dans l'est du pays, où il siège depuis que la capitale est passée cet été sous le contrôle de Fajr Libya.

«Fajr Libya» regroupe des milices essentiellement de la ville de Misrata (ouest), mais compte aussi des groupes islamistes. Elle s'est emparée de la capitale l'été dernier et y a installé un gouvernement parallèle tout en remettant en service le parlement sortant, le Congrès général national (CGN).

Le gouvernement al-Theni accuse régulièrement la Turquie et aussi le Qatar de soutenir leurs rivaux, mais aussi des groupes radicaux comme celui d'Ansar Asharia classé organisation terroriste par Washington.

Les compagnies turques ont remporté plusieurs contrats en Libye, notamment dans les travaux publics et le bâtiment, depuis l'époque de Mouammar Kadhafi.

Après la chute du régime Kadhafi en 2011, plusieurs compagnies turques sont retournées en Libye, malgré le chaos dans ce pays livré aux milices.