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Syrie: 22 paramilitaires irakiens tués dans une frappe attribuée à Israël

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Israël, qui craint plus que tout une implantation iranienne à sa frontière, a conduit en mai des frappes aériennes sur des installations militaires en Syrie présentées comme iraniennes.

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Guerre civile en Syrie
Guerre civile en Syrie

Pour tout savoir sur le conflit syrien qui depuis mars 2011 a coûté la vie à plus de 250 000 personnes et poussé à la fuite des millions d'autres. »

Sylvie LANTEAUME, Maya GEBEILY
Agence France-Presse
Washington et Beyrouth

Une cinquantaine de combattants, syriens et irakiens, ont été tués lors de frappes, attribuées par un responsable américain à Israël, dans l'est de la Syrie frontalier de l'Irak où les troupes du régime combattent le groupe État islamique (EI).

Le Hachd al-Chaabi, supplétif crucial de l'armée irakienne dans le combat contre l'EI, a indiqué lundi que 22 de ses membres avaient été tués et 12 autres blessés lors de raids qu'ils ont attribués aux forces américaines qui ont démenti.

La coalition paramilitaire du Hachd al-Chaabi - placée sous l'autorité du premier ministre irakien - compte en son sein des groupes proches de l'Iran, notamment les Brigades du Hezbollah, qui ont perdu plusieurs de leurs combattants dans ces frappes.

Certains de ces groupes pro-iraniens ont combattu dès 2011 en Syrie aux côtés du régime de Bachar al-Assad avant de répondre en 2014 à l'appel de la plus haute autorité chiite d'Irak qui a formé le Hachd pour bouter l'EI hors du pays.

Au moins trois corps de combattants des Brigades du Hezbollah ont été rapatriés dans la province agricole et pauvre de Zi Qar dans le sud de l'Irak.

En tout, selon le directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane, «52 combattant» ont été tués, «y compris des soldats (syriens) et des membres de milices loyalistes».

La coalition internationale dirigée par les États-Unis a démenti être l'auteur de ces frappes qui ont visé dans la nuit de dimanche à lundi la ville d'al-Hari, située près de la frontière irakienne.

«Il n'y a pas eu de frappes de la part des forces américaines ou de la coalition dans cette zone», a réagi son bureau de presse.

Israël pointé du doigt  

À Washington, un responsable américain ayant requis l'anonymat a indiqué avoir «des raisons de croire qu'il s'agissait d'une frappe israélienne».

Israël, ennemi juré de Téhéran, a conduit en mai des frappes aériennes sur des installations militaires en Syrie présentées comme iraniennes.

L'État hébreu répète qu'«il n'y a pas de place pour la moindre présence militaire iranienne dans aucune partie de la Syrie», selon son premier ministre, Benyamin Nétanyahou.

Dans le communiqué annonçant la mort de ses membres en Syrie, le Hachd al-Chaabi a affirmé qu'ils étaient déployés le long de la frontière poreuse avec la Syrie sur ordre des autorités irakiennes.

Or en soirée, le commandement militaire irakien a démenti avoir positionné des forces en territoire syrien, laissant entendre que les combattants tués avaient agi sans son consentement.

Regrettant la mort de ces combattants irakiens, il a toutefois affirmé avoir reçu l'assurance de la coalition internationale qu'elle n'était pas responsable de ces frappes.

À Damas, les médias d'État syriens ont, eux, accusé la coalition anti-EI. Citant une source militaire, l'agence officielle Sana a affirmé que plusieurs personnes avaient été tuées et blessées par des appareils de la coalition, sans fournir de bilan précis.

Al-Hari est située dans la province de Deir Ezzor, riche en pétrole, où les forces démocratiques syriennes (FDS), soutenues par les États-Unis, et les forces gouvernementales syriennes, appuyées par la Russie, mènent des offensives distinctes contre l'EI.

Le groupe ultra-radical a perdu l'essentiel du territoire qu'il contrôlait en Syrie et en Irak. Mais il reste présent dans des zones désertiques transfrontalières, notamment Deir Ezzor.

Les forces gouvernementales contrôlent les terres à l'ouest du fleuve Euphrate, qui traverse la province, tandis que les FDS se battent pour expulser l'EI d'une série de villages situés sur la rive est, près de la frontière irakienne.

Une ligne de «déconfliction» longeant le fleuve est en place depuis 2017 afin d'empêcher tout affrontement entre pro-régime et FDS.

«Couloir vital»

La coalition, qui intervient en Syrie depuis 2014 pour combattre l'EI, a néanmoins frappé des forces du régime ces dernières années.

Le 24 mai, 12 combattants pro-régime ont péri dans un raid aérien contre des positions de l'armée syrienne au sud de Boukamal, ville reprise à l'EI par le régime en novembre dernier et située à quelques kilomètres de la frontière.

L'OSDH et des médias d'État syriens avait attribué cette frappe à la coalition, mais le Pentagone avait nié.

Le 7 février, la coalition a reconnu avoir tué au moins 100 combattants pro-régime - dont cinq Russes selon Moscou - dans la province de Deir Ezzor, en représailles à une attaque contre des positions des FDS.

Les frappes contre al-Hari interviennent au lendemain de la reprise par les FDS de Dachicha, un village situé dans le nord de la province de Hassaké.

Dachicha représentait un «fief important» de l'EI dans cette province et se trouvait sur un «couloir vital» reliant autrefois les territoires des djihadistes en Syrie et en Irak, selon le directeur de l'OSDH.

Déclenché en 2011 par la répression de manifestations pacifiques pro-démocratie, le conflit en Syrie s'est complexifié au fil des ans avec l'implication de pays étrangers et de groupes djihadistes, sur un territoire morcelé.

Il a fait plus de 350 000 morts et jeté à la rue des millions de personnes.




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