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Syrie: la guerre se déplace en pays alaouite

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Une image diffusée le 2 mai montre des soldats loyaux au président Assad en arrière-plan dans une rue de Bayda où gisent des corps.

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Les manifestations pour un changement de régime en Syrie donnent lieu à de violentes répressions. Lisez notre dossier sur le sujet. »

Agence France-Presse
DAMAS

La guerre en Syrie s'est déplacée pour la première fois vers le pays alaouite, avec des bombardements par l'armée de quartiers sunnites de Banias, après un «massacre» dans un village proche attribué au régime.

Alors que la guerre ne montre aucun signe d'essoufflement après plus de deux ans de violences, les États-Unis ont pour la première fois envisagé publiquement d'armer les rebelles.

Par ailleurs, un porte-parole de la famille du journaliste américain James Foley, porté disparu depuis six mois en Syrie, a affirmé à Boston qu'il serait détenu par des agents des services du renseignement syrien.

À Banias, dans l'ouest du pays, un jeune de 16 ans a été tué et son père blessé par les obus qui se sont abattus pour la première fois sur les quartiers sunnites de la ville, a affirmé l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), qui a précisé que les soldats avaient «ouvert le feu à partir des barrages où ils sont postés».

«Dans la campagne au sud de la ville, les soldats mènent une campagne de perquisitions et d'arrestations, provoquant la panique chez les habitants. Je crains qu'il n'y ait un massacre à Banias comme celui qui s'est produit jeudi à Bayda», a affirmé à l'AFP le directeur de l'ONG, Rami Abdel Rahmane.

Au moins 51 personnes, essentiellement des civils, ont été tuées jeudi par l'armée syrienne et ses supplétifs à Bayda, à la périphérie sud de Banias, selon l'OSDH qui précise que les décès sont le résultat d'exécutions sommaires et de bombardements.

Banias compte 40 000 habitants dont 50 % de sunnites et 45 % d'alaouites, la religion du chef de l'État Bachar al-Assad, le reste étant des chrétiens et des ismaéliens. Les villages sunnites du sud de Banias abritent environ 20 000 personnes.

Les sunnites ne sont que 10 % à l'échelle de la province de Tartous, dont fait partie Banias, contre 80 % d'alaouites.

L'OSDH a diffusé une vidéo montrant plus d'une dizaine de corps de jeunes hommes gisant dans une rue, la tête baignant dans une flaque. Plusieurs corps sont entremêlés, selon les images.

«Massacre à grande échelle»

Selon l'organisation qui s'appuie sur un large réseau de militants et de sources militaires et médicales, ce sont les forces supplétives de l'armée, et notamment des chabbihas (milices prorégime), qui ont «tué par balle, poignardé ou brûlé» les victimes.

«Le régime n'autorisera pas la présence de rebelles dans cette région», a souligné M. Abdel Rahmane.

La Coalition de l'opposition syrienne a dénoncé un «massacre à grande échelle». De son côté, le régime a affirmé avoir tué des «terroristes» à Bayda et dans d'autres régions habitées par des sunnites.

Cette communauté représente 80 % de la population et l'écrasante majorité des rebelles, désignés par le régime et ses médias par le terme de «terroristes».

L'OSDH a dénoncé «le silence» de la communauté internationale. «Ce massacre purement confessionnel a été perpétré par le régime syrien. L'OSDH demande le transfert du dossier à la Cour pénale internationale, afin de faire juger les assassins du peuple syrien», a réclamé l'ONG.

Dans le même temps, des rebelles ont tiré vendredi deux roquettes sur l'aéroport international de Damas, touchant un avion stationné et un réservoir de kérosène, selon l'agence officielle Sana.

C'est la première fois que les médias officiels font état d'une telle attaque. La route de l'aéroport se trouve à la lisière de zones de combats entre les troupes du régime et les insurgés.

À Boston, un porte-parole de la famille de James Foley a affirmé que le journaliste de 39 ans, qui avait fourni des reportages notamment pour le GlobalPost et l'Agence France-Presse, serait détenu par des agents des services du renseignement syrien près de Damas.

Il a été enlevé dans le nord-ouest de la Syrie le 22 novembre 2012 et n'est plus réapparu depuis.

Plus de deux ans après le déclenchement en mars 2011 d'une révolte populaire devenue guerre civile émaillée d'affrontements confessionnels, les États-Unis, qui jusqu'ici n'apportaient qu'une aide humanitaire et «non létale» aux rebelles, n'écartent désormais plus la possibilité de leur fournir des armes.

Le secrétaire américain à la Défense Chuck Hagel l'a toutefois affirmé jeudi du bout des lèvres, affirmant que «cela ne veut pas dire qu'on va ou veut le faire. Ce sont des options qui doivent être envisagées avec les partenaires, avec la communauté internationale».




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