Le président a pris soin de ne pas prononcer les mots «mission accomplie», mais l'intention était là: Barack Obama a annoncé, hier, que les brigades de combat américaines partiraient d'Irak avant le 31 août 2010.

Mis à jour le 28 févr. 2009
Nicolas Bérubé LA PRESSE

«Permettez-moi d'être aussi clair que possible: d'ici au 31 août 2010, notre mission de combat en Irak va prendre fin. Les décisions les plus importantes concernant l'avenir de l'Irak doivent désormais être prises par les Irakiens», a dit le président dans un discours à la base de Camp Lejeune, en Caroline-du-Nord.

 

Le président a affirmé que 100 000 militaires américains seront graduellement rapatriés dans les 18 prochains mois. Après août 2010, de 35 000 à 50 000 militaires aideront à la formation de l'armée irakienne et «mèneront des missions de lutte contre le terrorisme». Ces forces seront rapatriées à la fin de 2011, selon un accord avec le gouvernement irakien.

Le discours du président a provoqué beaucoup d'enthousiasme chez les marines de Camp Lejeune, qui ont souvent applaudi durant l'allocution.

Les médias américains ont révélé que le président Obama avait passé un coup de fil hier à son prédécesseur, George W. Bush, dans les minutes précédant son annonce. La Maison-Blanche a confirmé que le président avait fait un «appel de courtoisie» à M. Bush.

Lors d'une manifestation contre la guerre en Irak, il y a quelques années, M. Obama avait déclaré: «Je ne m'oppose pas à toutes les guerres, je m'oppose aux guerres stupides (dumb wars).»

Pas une panacée

Hier, le président a rappelé que le retrait des troupes américaines ne serait pas une panacée pour les Irakiens. «Nous ne pouvons pas débarrasser l'Irak de tous ceux qui s'opposent à l'Amérique ou sympathisent avec nos adversaires. Nous ne pouvons pas patrouiller les rues jusqu'à ce qu'elles soient parfaitement sûres ou jusqu'à ce que l'union irakienne soit améliorée», a-t-il prévenu.

Plusieurs analystes estiment que le plan proposé par le président est réaliste. «C'est un objectif viable: il y a eu beaucoup de progrès au sein de la police et de l'armée irakiennes, a dit Paul Wilkinson, doyen du centre des études sur le terrorisme et la violence politique à l'Université St. Andrews. Les élections en Irak en janvier dernier montrent que les craintes pour la sécurité se sont dissipées.»

Hier, le président a aussi reçu l'appui de son ancien rival, John McCain, qui a pris la parole au Sénat pour donner son accord au plan de retrait.

«Je crois que ce plan est le bon. Je suis prudent mais optimisme quant aux chances de succès de la stratégie mise de l'avant par le président», a dit le sénateur républicain de l'Arizona.

Durant la campagne, M. McCain s'était montré dur envers les positions de M. Obama, qu'il accusait d'être prêt à «perdre une guerre pour gagner une élection».

Obama en hausse

Les dernières semaines ont été bien remplies pour le nouveau président. M. Obama a déposé un plan du budget 2010, débloqué près de 800 milliards de dollars pour aider à relancer l'économie, entrepris la réforme du système de santé et défini le plan de retrait des troupes en Irak.

Hier, un sondage de la firme Gallup a montré que 67% des Américains sont satisfaits de son travail.

Fait étonnant: les républicains sont de plus en plus nombreux à se rallier au président démocrate. Quarante-deux pour cent des républicains se disent satisfaits du travail de M. Obama cette semaine, selon Gallup, comparativement à 27% la semaine dernière. Cette hausse est survenue au moment où le président déposait un budget progressiste, qui rompt avec les politiques mises en oeuvre par l'administration Bush durant ses deux mandats.

 

L'Irak en chiffres

Plus de 4251 militaires ont été tués en Irak, et 30 000 ont été blessés.

> Plus de 100 000 civils irakiens ont été tués dans la guerre, selon plusieurs organisations internationales.

> Le président Obama veut retirer les forces de combat d'ici à la fin d'août 2010. Cela représente un retrait de 100 000 soldats dans les 18 prochains mois.

> Entre 35 000 et 50 000 soldats resteront en Irak en 2011, comme «conseillers» pour l'armée irakienne.