La dénucléarisation nord-coréenne doit intervenir avant toute déclaration mettant fin à la guerre de Corée, a prévenu mercredi le département d'État américain.

Publié le 29 août 2018
AGENCE FRANCE-PRESSE

Les négociations pour mettre en oeuvre la « dénucléarisation complète de la péninsule coréenne », à laquelle le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un s'est engagé lors de son sommet historique avec Donald Trump le 12 juin à Singapour, sont dans l'impasse.

Le président des États-Unis a annulé vendredi à la dernière minute un voyage de son secrétaire d'État Mike Pompeo en Corée du Nord, reconnaissant pour la première fois publiquement l'absence de progrès suffisants.

L'annulation semble avoir été décidée lorsqu'il est devenu manifeste que le chef de la diplomatie américaine n'allait pas obtenir ce qui était en discussion, à savoir, selon plusieurs observateurs, un échange « déclaration contre déclaration » : les États-Unis devaient travailler à une déclaration mettant fin à la guerre de Corée, qui ne s'est conclue en 1953 que par un simple armistice, et la Corée du Nord allait fournir une déclaration concernant ses installations nucléaires, sorte d'inventaire préalable à toute vérification et tout démantèlement.

Le débat semblait déjà porter sur qui devait fournir sa déclaration en premier.

Selon le média américain en ligne Vox, qui cite plusieurs sources proches des négociations, Donald Trump a promis oralement à Kim Jong-un, lors du huis clos de Singapour, de signer une déclaration mettant fin à la guerre de Corée rapidement après ce sommet, et les Nord-Coréens se sentent maintenant floués.

Interrogée mercredi sur cette promesse, la porte-parole du département d'État Heather Nauert n'a pas été en mesure de confirmer ou de démentir.

« Nous pensons que la dénucléarisation doit intervenir avant de nous engager dans d'autres domaines », a-t-elle toutefois déclaré lors d'une conférence de presse à Washington. Priée de dire si ces « autres domaines » comprenaient une telle déclaration de fin de guerre, elle a répondu : « oui ».

Certains observateurs estiment en outre que le régime de Kim Jong-un préférerait un traité de paix en bonne et due forme plutôt qu'une simple déclaration.