L'ancien président pakistanais Pervez Musharraf, accusé de haute trahison et convoqué la semaine prochaine devant un tribunal spécial, a déclaré dans une interview diffusée jeudi que toutes les charges pesant sur lui étaient sans fondement et qu'il était prêt à y répondre.

Mis à jour le 19 déc. 2013
AGENCE FRANCE-PRESSE

Le général Musharraf, 70 ans, en résidence surveillée depuis avril, doit comparaître le 24 décembre devant un tribunal spécialement constitué pour haute trahison, crime dont il est accusé pour avoir suspendu la Constitution en 2007. Il est par ailleurs soupçonné par la justice pakistanaise dans plusieurs autres affaires, dont l'assassinat fin 2007 de sa rivale Benazir Bhutto.

Dans sa première interview depuis son placement en résidence surveillée, accordée à la chaîne de télévision privée pakistanaise ARY, Pervez Musharraf a affirmé que toutes les charges pesant contre lui «ne reposent sur aucune preuve concrète».

«Je ferai face à toutes les charges», «je ne fuirai pas», a-t-il assuré.

«Si Dieu le veut, j'échapperai à toute cette pression, car je suis certain que je n'ai rien fait de mal», a poursuivi l'ancien président pakistanais. «Tout ce que j'ai fait, je l'ai fait pour l'amélioration et le bien-être du Pakistan et de son peuple», a-t-il dit.

Dans son interview, Pervez Musharraf a déclaré soutenir la volonté de l'actuel gouvernement du premier ministre Nawaz Sharif de tenir des pourparlers de paix avec les rebelles talibans, mais uniquement «dans une position de force et non de faiblesse».

Il faut discuter avec les talibans pakistanais, «mais il ne faut pas les prier de venir discuter», car «ils doivent savoir que l'État est toujours très puissant et qu'ils ne doivent pas le défier», a déclaré Pervez Musharraf.

Lorsqu'il était président et chef des forces armées, Musharraf a ordonné plusieurs opérations militaires contre les insurgés talibans dans le nord-ouest du Pakistan.

Pervez Musharraf est arrivé au pouvoir en 1999 lors d'un coup d'État sans effusion de sang, validé un an plus tard par la Cour suprême. En 2007, à la faveur de l'état d'urgence, il a suspendu la Constitution et le Parlement et renvoyé les magistrats qui avaient déclaré ses actions anticonstitutionnelles et illégales.

C'est la première fois dans l'histoire du Pakistan qu'un ancien chef de l'armée doit être jugé pour trahison. S'il est déclaré coupable, Pervez Musharraf encourt la peine de mort ou la prison à vie.