Plus de 30 000 personnes manifestaient vendredi à Lahore, dans l'est du Pakistan, à l'appel du principal parti d'opposition qui réclame la démission du président Asif Ali Zardari, accusant le pouvoir d'incompétence et de corruption.

AGENCE FRANCE-PRESSE

La République islamique du Pakistan, en proie depuis quatre ans à une vague extrêmement meurtrière d'attentats des talibans alliés à Al-Qaïda, est également au bord de la banqueroute et ses quelque 180 millions d'habitants sont confrontés notamment à une hausse vertigineuse des prix ainsi qu'à d'importantes pénuries d'électricité, de gaz, de carburant et de certaines denrées alimentaires.

«Dehors Zardari, dehors», hurlaient notamment les manifestants dont le cortège s'étendait sur deux kilomètres à l'entrée de la vieille ville de Lahore, la grande capitale (huit millions d'habitants) de la province du Penjab, la plus peuplée et la plus riche du pays.

Plus de 30 000 personnes y étaient rassemblées, a indiqué à l'AFP un responsable de la police ayant requis l'anonymat.

Ils manifestaient à l'appel de la Ligue Musulmane du Pakistan-Nawaz (PML-N) de l'ancien premier ministre Nawaz Sharif, principal mouvement d'opposition à l'Assemblée nationale, mais qui gouverne la province du Pendjab.

Une large scène a été dressée dans le centre de Lahore, protégée par un écran en verre blindé, d'où les responsables de la PML-N devaient s'adresser à la foule. Nawaz Sharif, qui devait rentrer d'un voyage en Turquie dans la soirée, n'y était a priori pas attendu.

La PML-N dénonce la corruption qui gangrène -selon les experts, les ONG et les diplomates- le pays jusqu'au sommet, ainsi que l'«apathie» et l'«incompétence» du gouvernement de M. Zardari face à l'ampleur de la crise économique et sociale.

Le parti de M. Sharif -lequel était également accusé de corruption quand il était au pouvoir (1990-1993 et 1997-1999)- ne cache pas qu'il réfléchit en particulier à l'idée de convoquer des élections législatives anticipées en demandant à ses élus de démissionner collectivement de l'Assemblée nationale, du Sénat ainsi que du Parlement du Pendjab.

Le Parti du Peuple Pakistanais (PPP) de M. Zardari, veuf de Benazir Bhutto, l'ancienne première ministre, tuée dans un attentat-suicide le 27 décembre 2007 peu avant les législatives, a remporté les élections en février 2008. Les prochaines législatives sont prévues pour 2013.