Le prix nobel de la paix et chef de l'opposition démocratique birmane Aung San Suu Kyi commémore samedi le sixième anniversaire de sa détention dans l'attente d'être jugée et alors que s'accentuent les inquitétudes sur son état de santé.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Les membres du parti de Mme Suu Kyi, La Ligue nationale pour la démocratie (LND), ont offert de la nourriture aux moines au cours d'un cérémonie commémorant son arrestation en 2003 après l'attaque de son convoi dans le nord par des miliciens pro-junte. Quelque 70 personnes étaient mortes dans cet attentat. Elle avait été depuis maintenue en quasi-isolement dans sa résidence.

Mais, moins de deux semaines avant le réexamen de sa détention, Mme Suu Kyi avait été inculpée pour avoir enfreint les règles de son assignation à résidence. Elle est actuellement jugée dans une prison au nord de Rangoun.

Aung San Suu Kyi, 63 ans, est accusée d'avoir hébergé les 4 et 5 mai un Américain de 53 ans, John Yettaw, qui a réussi à gagner à la nage sa demeure, au nord du lac Inya, à Rangoun. Elle est passible d'une peine d'emprisonnement de cinq ans, ce qui l'excluerait du paysage politique pendant les élections controversées de 2010.

Au total, Mme Suu Kyi a passé 13 des 19 dernières années en prison.

Le nouveau procès qui lui est intenté a provoqué l'indignation de la communauté internationale.

Vendredi, la LND s'est dit «très préoccupée» par l'état de l'opposante. «Elle a de fréquentes crampes aux jambes qui l'obligent à marcher la nuit», a déclaré à l'AFP Nyan Win, un porte-parole de la LND.

Samedi, le secrétaire d'État américain à la Défense Robert Gates a déclaré au cours d'un forum régional sur la sécurité à Singapour que les dirigeants birmans doivent la libérer et engager le dialoque avec l'opposition.

«Nous voulons voir un véritable changement en Birmanie, notamment la libération des prisonniers politiques dont Aung San Suu Kyi, et l'instauration d'un dialogue véritable entre la junte et l'opposition», a ajouté M. Gates qui a désigné le pays par son ancien nom «Birmanie», s'abstenant d'utiliser le nom dont l'a rebaptisé la junte «Myanmar».