(Hong Kong) Pékin a nommé dimanche le prochain gouvernement de Hong Kong qui comprend quatre hauts responsables sanctionnés par Washington.

Publié le 19 juin
Agence France-Presse

Les États-Unis ont pris des sanctions contre 11 responsables hongkongais et chinois en riposte à la loi draconienne sur la sécurité nationale imposée en 2020 par Pékin au centre financier pour mettre fin aux immenses manifestations prodémocratie.  

Sept étaient membres du gouvernement du centre financier et quatre d’entre eux resteront au sein de la nouvelle administration, dont le nouveau chef de l’exécutif John Lee, le ministre de la Sécurité Chris Tang, le ministre des Affaires continentales Erick Tsang et le nouveau ministre de l’Administration Eric Chan.

Les trois autres étaient la dirigeante sortante Carrie Lam, le chef de la police à la retraite Steven Lo et la ministre responsable de la Justice Teresa Cheng, qui seront remplacés.  

Dans le cadre des sanctions, Mme Lam a affirmé être contrainte de recevoir son salaire en espèces en raison de restrictions bancaires.

Présentant dimanche son nouveau cabinet à la presse, M. Lee a dit « se moquer des soi-disant sanctions » et ne leur accorder aucune attention.  

« Certains pays de brutes ont tenté d’intimider les responsables [hongkongais] avec des mesures comme les sanctions, surtout après que leurs complots visant à saboter notre sécurité nationale ont échoué en raison des mesures que nous avons déployées », a ajouté le futur dirigeant.  

« Cela nous a rendus plus déterminés à continuer à remplir nos devoirs de défense de la sécurité nationale ».

Les nominations des 26 membres du prochain gouvernement interviennent à moins de deux semaines de sa prise de fonction, le 1er juillet, qui coïncide avec le 25e anniversaire de la rétrocession l’ex-colonie britannique à la Chine.

La présence du président chinois XI Xiping à l’occasion de cette commémoration n’a pas encore été confirmée. Ce déplacement marquerait le premier voyage hors de Chine continentale du président depuis le début de la pandémie.

M. Lee, 64 ans, l’ex-patron de la sécurité de Hong Kong, qui avait supervisé la répression du mouvement prodémocratie a été désigné début mai par un petit « comité électoral » fidèle à Pékin en vertu d’un nouveau système électoral voulu par le pouvoir central.  

Il était le seul candidat à la succession de la dirigeante sortante Carrie Lam.

« Le gouvernement central vous fait pleinement confiance », avait assuré M. Xi à M. Lee, lors d’une visite fin mai à Pékin.  

Il avait salué son « courage de prendre ses responsabilités » et d’avoir « contribué à préserver la sécurité nationale ainsi que la prospérité et la stabilité de Hong Kong ».