(Séoul) Quinze nouveaux décès dus à de la « fièvre » ont été enregistrés en Corée du Nord, trois jours après l’annonce officielle du tout premier cas de COVID-19 dans le pays, a affirmé dimanche l’agence officielle KCNA.

Publié le 14 mai
Agence France-Presse

Selon elle, un total de 42 personnes sont décédées, tandis que 820 620 cas de « fièvre » ont été signalés, dont au moins 324 550 ont nécessité un traitement médical.

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un a admis samedi qu’une « maladie maligne » a provoqué « un grand bouleversement » dans le pays.

« Toutes les provinces, villes et comtés du pays ont été totalement confinés et les lieux de travail, centres de production et résidences ont été isolés les uns des autres », a rapporté KCNA.

Bien qu’elle ait activé en urgence son système de quarantaine afin d’enrayer la propagation de la maladie parmi les 25 millions d’habitants dont aucun n’est vacciné, le pays fait état chaque jour d’un grand nombre de nouveaux cas.  

Pyongyang avait annoncé jeudi que des personnes avaient été testées positives au sous-variant BA.2 d’Omicron et son premier mort. Kim Jong-un avait aussitôt ordonné des mesures de confinement.

La Corée du Nord, qui a été l’un des premiers pays au monde à fermer ses frontières en janvier 2020 après l’apparition de la COVID-19 dans la Chine voisine, s’est longtemps vantée de sa capacité à tenir le virus à distance. Elle n’avait jusqu’alors signalé aucun cas confirmé à l’OMS.

Le système de santé du pays, un des pires du monde (il a été classé en 193e position sur 195 pays par une enquête de l’université américaine Johns Hopkins), manque de médicaments et d’équipements essentiels, selon des experts.

Pyongyang ayant rejeté les offres de vaccination de l’OMS, de la Chine et de la Russie. Ces derniers jours, Pékin et Séoul ont proposé des vaccins et leur aide.

Selon KCNA, Kim Jong-un a cependant déclaré que le pays « tirera activement les leçons » de la stratégie chinoise de lutte contre la pandémie, qui consiste en des confinements à grande échelle et à tracer et isoler impitoyablement tous les cas positifs.

KCNA n’a pas précisé si les nouveaux cas et décès enregistrés ont été testés positifs à la COVID-19, mais des experts estiment que le pays n’est pas en mesure de mener une campagne de dépistage de grande ampleur.

Selon certains analystes, le leader Kim pourrait accélérer son programme d’essais d’armes afin de détourner l’attention de la population de la situation épidémique.

Les États-Unis et la Corée du Sud ont récemment affirmé que Pyongyang se préparait à reprendre ses essais nucléaires, interrompus depuis 2017. Des images satellites ont récemment indiqué que le régime avait redémarré la construction d’un réacteur dans sa principale installation nucléaire.