(Taipei) Des militants taïwanais pour les droits LGBTQ ont bravé lundi une averse pour protester contre les insuffisances de la loi sur le mariage homosexuel à l’occasion de la Saint-Valentin.  

Publié le 14 février
Agence France-Presse

Taïwan est à l’avant-garde du mouvement pour les droits de ces communautés en Asie, devenant en 2019 le premier endroit de cette partie du monde à légaliser le mariage pour tous.  

Mais les couples de même sexe sont encore confrontés à des obstacles, notamment à l’impossibilité de se marier avec un étranger de même sexe s’il n’est pas ressortissant d’un pays où le mariage gay est également reconnu.

Cette île appliquant des restrictions aux frontières parmi les plus strictes du monde face à la pandémie, ce point d’achoppement s’est transformé en une difficulté insurmontable pour certains couples internationaux, contraints de rester séparés.

« Ce n’est pas moi qui aime la mauvaise personne, c’est le gouvernement qui ne parvient pas à corriger son erreur », a déclaré Andrew Chuang, qui vit éloigné de son partenaire japonais depuis plus de deux ans.  

Il faisait partie des dizaines de couples et de militants LGBTQ rassemblés lundi pour protester contre ces séparations, en nouant symboliquement des centaines de rubans jaunes aux grilles du siège de l’exécutif à Taipei.   

Sur chaque ruban, les noms et nationalités des personnes ainsi séparées et le nombre de jours passés loin l’une de l’autre.  

Depuis le début de la pandémie, Taïwan n’autorise plus que les diplomates, certains étudiants étrangers, des travailleurs et des conjoints à entrer sur son territoire.

Ceux qui peuvent rester grâce à des visas de travail ou d’étudiant ont peur d’être un jour séparés, les restrictions aux frontières ne semblant pas s’assouplir.  

Le système judiciaire taïwanais s’est montré ouvert à l’examen de cas individuels. Jusqu’à présent, trois couples ont obtenu gain de cause devant les tribunaux.  

« Je supplie le premier ministre de nous laisser nous marier, nous, les couples internationaux, dès que possible », a déclaré l’assistante sociale Joyce Chan, agenouillée au sol.

Sa compagne depuis huit ans, Queenie Oyang, bénéficie actuellement d’un visa d’étudiant, mais elle craint qu’un retour aux Philippines, où le mariage homosexuel est interdit, n’entraîne une séparation interminable.

Taïwan a enregistré plus de 7000 mariages homosexuels depuis l’adoption de la loi en 2019.