(Nations unies) Il faut éviter « davantage de violences » et « une guerre civile » en Birmanie, a déclaré vendredi l’ambassadeur chinois à l’ONU à l’issue d’une réunion du Conseil de sécurité au cours de laquelle la nouvelle émissaire onusienne a dit espérer bientôt aller dans le pays.

Publié le 28 janvier
Agence France-Presse

« Nous devons éviter l’aggravation de la situation, éviter davantage de violences, éviter une guerre civile. C’est l’objectif principal que nous devrions avoir à l’esprit », a affirmé Zhang Jun à quelques médias après cette réunion à huis clos de deux heures.

À la question de savoir si la nouvelle émissaire de l’ONU, la Singapourienne Noeleen Heyzer, se rendrait bientôt en Birmanie, le diplomate chinois a indiqué qu’elle en avait fait la demande à la junte.

« Nous devons lui donner plus de temps. Elle parle à toutes les parties concernées. Elle a également demandé cela », une visite en Birmanie, et « il y a de l’espoir qu’elle puisse l’obtenir », a-t-il précisé.

L’ambassadeur adjoint du Royaume-Uni, James Kariuki, qui avait demandé la réunion du Conseil de sécurité, a confirmé une volonté de l’émissaire de l’ONU d’aller bientôt en Birmanie, sous le contrôle total des militaires depuis le coup d’État du 1er février 2021.

« Elle va essayer d’y aller bientôt, mais les conditions doivent être réunies », a-t-il dit sans autre détail.

James Kariuki a indiqué que les exposés de Noeleen Heyzer et du ministre cambodgien des Affaires étrangères, Prak Sokhonn, médiateur pour la Birmanie au nom de l’ASEAN (Association des nations d’Asie du Sud-Est), avaient été conséquents.

Ce dernier a rendu compte d’un déplacement controversé début janvier en Birmanie du premier ministre cambodgien, Hun Sen, auquel il a participé. Cette visite a été la première d’un dirigeant étranger en Birmanie depuis le coup d’État. Ses détracteurs ont mis en garde contre le risque de légitimer la junte et de saper les efforts visant à isoler les généraux.

« Nous avons eu beaucoup d’éléments des deux émissaires, ce qui était important » car c’était la « première fois qu’ils parlaient au Conseil », a fait valoir James Kariuki. Il a précisé que son pays « travaillait sur une déclaration pour essayer de refléter les domaines d’accord au sein du Conseil », mais qu’il ne s’attendait pas à une approbation unanime dès ce vendredi.

La visite cambodgienne « a été plutôt bonne, plutôt fructueuse », a estimé Zhang Jun. « Nous saluons les actions, les efforts déployés par l’ASEAN, par le premier ministre cambodgien » et « nous leur avons demandé de poursuivre leurs efforts », a-t-il ajouté.

L’ASEAN s’était mise d’accord en avril sur un « consensus en cinq points » visant à restaurer le dialogue, et accepté par la junte mais peu suivi d’effets depuis. L’armée, qui a justifié le coup d’État par de supposées fraudes électorales massives en 2020, continue de réprimer la dissidence, souvent violemment.