(Tachkent) Un blogueur musulman critique des autorités a été condamné à 7 ans et demi de prison en Ouzbékistan, ex-république soviétique d’Asie centrale, pour une publication sur Facebook, a indiqué à l’AFP jeudi son avocat.

Publié le 27 janvier
Agence France-Presse

Un tribunal de Tachkent, la capitale, a reconnu coupable mercredi le blogueur Fazilkhodja Arifkhodjaïev de « production, stockage, distribution ou présentation de matériaux qui menacent la sécurité et l’ordre publics », a précisé l’avocat Sergueï Maïorov.

Selon lui, les matériaux en question, c’était une publication sur Facebook qui en mars 2021 posait la question de savoir s’il était approprié pour un musulman de féliciter les adeptes des autres religions à l’occasion des fêtes non musulmanes.

« C’était le seul délit pour lequel il était jugé. L’expertise publique a affirmé qu’il diffusait du fondamentalisme religieux », a indiqué l’avocat.

M. Arifkhodjaïev n’était même pas l’auteur de cette publication qu’il a juste partagée sur Facebook, a assuré Me Maïorov, en affirmant que son auteur — un autre utilisateur de ce réseau social — a depuis supprimé l’original.

L’islam est la religion dominante dans ce pays d’environ 35 millions d’habitants, mais le pouvoir en place, qui se veut laïc, maintient un contrôle strict sur toute forme d’expression religieuse depuis la fin de l’URSS, au prétexte de lutter contre l’extrémisme.

En décembre, l’ONG Human Rights Watch a déclaré dans un communiqué craindre que M. Arifkhodjaïev, un blogueur « connu pour sa critique de la politique religieuse restrictive du gouvernement ouzbek », ne soit maltraité en prison.

Depuis son arrivée à la tête de l’État ouzbek en 2016, le président Chavkat Mirzioïev a introduit des réformes levant la chape de plomb instituée par son prédécesseur, l’autoritaire Islam Karimov, qui réprimait toute forme d’opposition et combattait également tous les signes extérieurs de piété.

Les autorités ouzbèkes ont aussi libéré plusieurs journalistes emprisonnés sous Karimov.

Mais l’arrestation à grand renfort de perquisitions, puis la condamnation l’année dernière à six ans et demi d’emprisonnement du blogueur Otabek Sattoriï, reconnu coupable d’« extorsion » et de « diffamation » a laissé craindre aux ONG de défense des droits humains un brutal retour en arrière.