(Hue) Des milliers de personnes se sont pressées dimanche dans le berceau du bouddhisme vietnamien pour rendre hommage à Thich Nhat Hanh, figure importante de cette religion dans le monde, considéré en Occident comme le père de la « pleine conscience ».

Publié le 23 janvier
Tran Thi Minh Ha Agence France-Presse

S’accompagnant de chants, des moines portent le corps recouvert d’un drap jaune et de parapluies décoratifs à travers une foule en deuil dans le temple de Hué.

Alors que l’odeur de l’encens flotte dans l’air, la dépouille est déposée dans un cercueil en bois puis placée dans une salle décorée de fleurs jaunes.

Les moines, vêtus de robes marron et jaune, récitent des prières. Les fidèles eux sont vêtus de gris.

Le maître zen, perçu comme la deuxième personne la plus influente au sein du bouddhisme après le Dalaï lama, est mort samedi à 95 ans dans la pagode Tu Hieu de la ville de Hué.

En exil pour avoir appelé à la fin de la guerre au Vietnam, Thich Nhat Hanh a vécu près plusieurs dizaines d’années en exil, dont 39 ans en France.  

PHOTO KHAM, ARCHIVES REUTERS

Le maître zen, perçu comme la deuxième personne la plus influente au sein du bouddhisme après le Dalaï lama, est mort samedi à 95 ans dans la pagode Tu Hieu de la ville de Hué.

Auteur d’une centaine de livres sur la méditation et la pleine conscience, il organisait des retraites dans le monde entier.

Tran Dinh Huong, 46 ans, est venue de Hanoï pour rendre hommage au moine.

« J’ai lu plusieurs de ses livres et ses mots m’ont beaucoup aidée, lorsque je n’étais pas bien ou que je rencontrais des difficultés », raconte-t-elle. « Je pense que le Vietnam et le monde n’auront pas un aussi grand enseignant avant très longtemps ».

Originaire d’Ho Chi Minh-Ville, Nguyen Nhat se dit profondément bouleversé d’avoir vu la dépouille.

« Je l’admire pour sa vie simple et modeste », explique-t-il.

Après des décennies d’exil à prôner la liberté religieuse et la paix à travers le monde, Thich Nhat Hanh a été autorisé à revenir dans son pays natal en 2018, mais il demeurait sous la surveillance de policiers en civil.

Ses messages n’ont pas toujours été bien accueillis, car les autorités du Vietnam communiste, à majorité bouddhiste, se méfient de la religion organisée : en 2009, ses partisans ont été chassés de leur temple dans le sud de la province de Lam Dong par une foule hostile.

Cependant, le journal Cong An Nhan Dan, considéré comme la voix du ministère de la Sécurité publique, a publié dimanche un hommage élogieux à l’écrivain, poète, universitaire, historien et militant de la paix.

« Le moine Thich Nhat Hanh du Village des pruniers [centre bouddhiste dans le sud-ouest de la France] était un enseignant spirituel qui a exercé une influence profonde et étendue dans le monde entier », souligne l’article.

Le cercueil de Thich Nhat Hanh doit rester exposé une semaine avant une cérémonie de crémation samedi prochain.