(Gramoteïno) Cinquante-deux personnes, 46 mineurs et six sauveteurs, ont été tuées jeudi après un accident dans une mine de charbon en Sibérie, une nouvelle catastrophe qui frappe un secteur régulièrement endeuillé en Russie.

Agence France-Presse

Si le bilan initial de cet accident survenu tôt le matin faisait état de 14 morts, il s’est fortement alourdi à la tombée de la nuit.

« Selon des informations préliminaires, personne n’a survécu dans la mine. 52 personnes sont mortes », a rapporté l’agence officielle TASS, citant une source au sein des services de secours.

L’accident a coûté la vie à 46 mineurs coincés sous terre et six secouristes, selon cette source citée également par les agences RIA Novosti et Interfax.

Une quarantaine de mineurs ont par ailleurs été hospitalisés.

Les autorités avaient indiqué avoir reçu une alerte vers 8 h 35 locales (20 h 35 HNE) jeudi sur la présence de fumée dans la mine de Listviajnaïa, à Gramoteïno, dans la région sibérienne de Kemerovo, où sont situées de nombreuses mines de charbon.

Selon le service de presse du gouverneur local Sergueï Tsivilev, 285 personnes se trouvaient dans la mine au moment de l’accident, dont les causes n’étaient pas connues dans l’immédiat.

La majorité a été secourue par les sauveteurs, mais 46 autres étaient restés bloqués sous terre.

En milieu de journée, le contact a également été perdu avec l’une des équipes de secouristes qui comprenait six sauveteurs. Les opérations de recherches ont finalement été suspendues à cause d’un risque d’explosion.

« Violation des normes de sécurité »

Le Comité d’enquête local a ouvert une enquête pour « violation des normes de sécurité » et a annoncé dans la soirée l’arrestation du directeur de la mine, de son adjoint, ainsi que du responsable de la zone où l’accident a eu lieu.

Il a été établi que ces responsables « ont permis une violation des règles de sécurité industrielle sur des sites dangereux » qui a provoqué « un phénomène gazodynamique » dans la mine, a expliqué le comité dans un communiqué.

« C’est une grande tragédie », a de son côté déclaré le président Vladimir Poutine à la télévision.

Les familles et proches des mineurs, rassemblés devant l’entrée du territoire de la mine, n’ont pas souhaité s’exprimer, selon un correspondant de l’AFP sur place.

Trois jours de deuil ont été décrétés dans la région à partir de vendredi.

« Risque élevé d’explosion »

Un accident dans la mine de Listviajnaïa avait déjà eu lieu en octobre 2004, quand une explosion de méthane avait tué 13 personnes. Selon les médias russes, une explosion y avait aussi tué cinq personnes en 1981, à l’époque soviétique.

Selon les autorités locales, 19 équipes de sauvetage spécialisées ont été dépêchées sur les lieux. La mine appartient à la société SDS-Ugol, l’un des plus gros producteurs de charbon de Russie.

Les accidents dans les mines de Russie, comme ailleurs en ex-URSS, sont souvent liés au laxisme dans l’application des normes de sécurité, à une mauvaise gestion ou à des équipements vétustes remontant à l’époque soviétique.

En mai 2010, un accident avait fait 91 morts et plus d’une centaine de blessés dans la mine de Raspadskaïa, également dans la région de Kemerovo.

Plus récemment, en octobre 2019, la rupture d’un barrage dans une mine d’or en Sibérie avait fait 17 morts.  

Le même mois, trois personnes avaient été tuées dans un accident dans une mine du groupe Norilsk Nickel, premier producteur mondial de nickel et de palladium, dans l’Arctique.

Au-delà des bilans humains, parfois lourds, certains accidents attirent l’attention sur les pratiques de l’industrie minière russe, souvent au détriment de l’environnement.