(Rangoun) L’ex-dirigeante birmane Aung San Suu Kyi, renversée par l’armée en février et engluée depuis dans une multitude de procédures judiciaires, a commencé à être jugée mardi pour « incitation aux troubles publics », a indiqué à l’AFP l’un de ses avocats.

Agence France-Presse

Présente à l’audience qui se tient dans un tribunal spécialement mis en place dans la capitale Naypyidaw, elle a plaidé « non coupable » de cette infraction, a précisé Khin Maung Zaw.

Aung San Suu Kyi, 76 ans, est déjà jugée depuis plusieurs mois pour violation des restrictions sanitaires liées à la COVID-19, importation illégale de talkies-walkies et sédition.

Le procès avait été ajourné pendant deux mois en raison d’une flambée épidémique de coronavirus et a repris mi-septembre.

À partir du 1er octobre, elle comparaîtra également pour « corruption ».  

Elle est aussi inculpée pour avoir violé une loi sur les secrets d’État datant de l’époque coloniale, mais cette affaire n’a pas encore été portée devant le tribunal.

La lauréate du prix Nobel de la paix 1991 encourt de longues années de prison si elle est reconnue coupable.

De nombreux observateurs dénoncent un procès politique dans le but de neutraliser l’ex-icône de la démocratie, grande gagnante des élections de 2015 et de 2020.

Le putsch militaire du 1er février a mis fin à une brève parenthèse démocratique d’une décennie.

Depuis, les militaires mènent une répression sanglante contre leurs opposants avec plus de 1100 civils tués et quelque 6600 en détention, selon une ONG locale, l’Association d’assistance aux prisonniers politiques (AAPP), qui rapporte des cas de tortures, de viols et d’exécutions extrajudiciaires.  

L’armée a justifié son retour au pouvoir en alléguant des fraudes lors des législatives de novembre, remportées massivement par le parti d’Aung San Suu Kyi.  

Après avoir annulé ce scrutin, elle a promis la tenue de nouvelles élections d’ici l’été 2023.