(Tokyo) Le gouvernement japonais a décidé vendredi de prolonger l’état d’urgence à Tokyo et de l’étendre à quatre autres départements, alors que la crise sanitaire s’aggrave et touche aussi des participants aux Jeux olympiques qui ont commencé il y a une semaine.

Shingo ITO Agence France-Presse

L’état d’urgence a été prolongé jusqu’au 31 août à Tokyo et Okinawa (sud-ouest), et va aussi être déclaré jusqu’à cette date dans quatre autres départements : trois de la grande banlieue de Tokyo (Kanawaga, Saitama et Chiba) et à Osaka (ouest), a annoncé le premier ministre Yoshihide Suga.

« L’infection se propage à une vitesse jamais atteinte auparavant », notamment dans le Grand Tokyo et parmi les jeunes, a souligné M. Suga.

« Le variant Delta hautement infectieux prend rapidement le dessus », et les hôpitaux risquent d’être « débordés » si cette cinquième vague n’est pas enrayée, a-t-il ajouté.

Le variant Delta représente désormais « plus de 50 % des cas » à Tokyo, avait précisé plus tôt dans la journée le ministre de la Santé Norihisa Tamura.

La capitale japonaise a enregistré un nouveau record de nouvelles infections jeudi (3865), tandis que le nombre de cas quotidiens au niveau national a dépassé les 10 000 pour la première fois.  Vendredi, 3300 cas supplémentaires ont été recensés à Tokyo.

Les organisateurs des JO-2020 à Tokyo ont quant à eux fait état vendredi de 27 nouveaux cas chez des personnes liées à l’évènement, dont trois sportifs, le chiffre quotidien le plus élevé à ce jour.

Recours au vaccin d’AstraZeneca

Jeudi, le directeur de la communication du Comité international olympique (CIO) Mark Adams avait toutefois défendu l’efficacité des « contre-mesures » mises en place face à la COVID-19 pour les Jeux, qui se déroulent à huis clos et avec de nombreuses restrictions pour tous les participants.

Le CIO conteste tout lien éventuel entre la tenue des JO et la recrudescence des cas au Japon, qui avait commencé dès fin juin.

Lors d’une conférence de presse en soirée, M. Suga a dit espérer que cet état d’urgence allait être « le dernier » et a « encouragé fermement les gens à regarder les Jeux olympiques et paralympiques chez eux, à la télévision ».

Le Japon traverse actuellement sa « pire crise » sanitaire des temps modernes, a souligné vendredi le principal conseiller médical du gouvernement, Shigeru Omi.

« Le feu fait rage. Nous devons le maîtriser le plus rapidement possible » avec l’implication de la société toute entière, a insisté M. Omi.

L’état d’urgence au Japon consiste principalement à réduire les heures d’ouverture des restaurants et des bars et à leur interdire en théorie de vendre de l’alcool. Le gouvernement japonais n’a pas de moyens législatifs pour imposer un confinement strict de la population.

Ce dispositif à Tokyo et à Okinawa devait initialement prendre fin le 22 août, et sa prolongation risque de sérieusement compromettre la présence de spectateurs aux Jeux paralympiques (24 août-5 septembre).  

Le Japon a été jusqu’ici moins touché par la pandémie que beaucoup d’autres pays, avec 15 173 décès dus au coronavirus recensés dans l’archipel depuis son apparition, selon le dernier bilan officiel publié vendredi.

La vaccination contre la COVID-19 y a démarré plus lentement que dans d’autres pays industrialisés. Seulement 27,6 % des Japonais sont totalement vaccinés pour l’heure.

Face à la nouvelle flambée de la COVID-19 et à l’engorgement des dispositifs de vaccination, le gouvernement japonais a approuvé vendredi le recours au vaccin d’AstraZeneca pour les personnes âgées de 40 ans ou plus, selon le ministère de la Santé. Jusqu’ici seuls les vaccins de Pfizer et de Moderna étaient utilisés au Japon.