(Nations unies) Le Royaume-Uni a averti jeudi le Conseil de sécurité de l’ONU que la moitié de la population birmane, soit environ 27 millions de personnes, pourrait être infectée par la COVID-19 dans les deux prochaines semaines.

Agence France-Presse

Le pays avait appelé à une réunion en réponse à ce qu’il a qualifié de situation « désespérée » en Birmanie, où l’armée a mené un coup d’État en février.

Le Royaume-Uni a pressé le Conseil de s’assurer que la résolution 2565, qui exige des cessez-le-feu dans les zones de conflit pour permettre la livraison de vaccins contre le coronavirus, soit respectée en Birmanie.

« Il est vital que nous voyions comment (l’)appliquer », a plaidé l’ambassadrice britannique Barbara Woodward.

La Birmanie est dans la tourmente depuis que la junte a pris le pouvoir, de nombreux hôpitaux n’étant pas équipés pour faire face à l’afflux de cas, après que beaucoup de membres du personnel médical ont quitté leur poste pour protester contre le coup d’État.

L’ONU estime que seulement 40 % des établissements de soins en Birmanie sont encore fonctionnels.

Elle estime également que la junte a mené au moins 260 attaques contre du personnel médical et des établissements, détenant au moins 67 responsables médicaux.

« Alors que la nouvelle vague de COVID-19 se répand comme une trainée de poudre à travers le pays, il est malheureux que davantage de vies soient perdues au moment où l’armée birmane utilise la COVID-19 comme arme contre la population », a déclaré la porte-parole du gouvernement d’union nationale Susanna Hla Hla Soe.

Selon les médias d’État birmans cette semaine, les autorités de la junte ont demandé de l’aide à « des pays amis » pour affronter le coronavirus.

Un peu moins de 5000 nouveaux cas de COVID-19 ont été rapportés mercredi, contre 50 par jour début mai, mais les analystes estiment que le bilan réel est probablement beaucoup plus élevé.

Près d’1,75 million de personnes ont été jusqu’ici vaccinées selon la junte.

Cette dernière a commandé au total quatre millions de doses de vaccin à la Chine, et Pékin doit lui faire don de deux millions de doses de plus.

Une livraison d’1,5 million de doses est aussi arrivée d’Inde plus tôt cette année.