(Digha) Le cyclone Yaas, le deuxième à frapper l’Inde en moins de deux semaines, balayait mercredi les côtes orientales de ce pays qui doit déjà faire face à une terrible épidémie de COVID-19, provoquant la mort d’au moins quatre personnes et l’évacuation de plus d’un million et demi d’autres.

Dibiangshu SARKAR Agence France-Presse

Accompagné de vagues dont certaines ont atteint la hauteur d’un bus à impériale, de fortes pluies et de rafales jusqu’à 155 kilomètres/heure, soit un cyclone de catégorie 2, Yaas a touché terre mardi à 23 h 30 (heure du Québec), selon le département météorologique indien.

La semaine dernière, le cyclone Tauktae, la première tempête tropicale majeure de la saison, a fait au moins 155 morts dans l’ouest de l’Inde.

Mercredi, des vagues impressionnantes, certaines de quatre mètres de haut, ont « submergé » la ville côtière de Digha, a déclaré Mamata Banerjee, la première ministre de l’État du Bengale occidental (est).  

Elle a ajouté qu’une personne était morte après avoir été « emportée par le déferlement de la mer » et une autre « après l’effondrement de sa maison ».

« Les rivières en crue ont également inondé plus de 12 îles et ouvert des brèches dans un certain nombre de digues », a poursuivi Mamata Banerjee. Quelque 20 000 maisons ont été endommagées.

« Je n’ai jamais vu une telle tempête de toute ma vie », a raconté Purnendu Jana qui vit à Digha.  

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Plus de cent villages isolés

Dans l’État d’Odisha, un jeune homme et un prêtre ont été tués par des chutes d’arbres, ont fait savoir les autorités, selon lesquelles des lignes électriques ont été arrachées.

« Nous subissons de fortes précipitations et des vents violents depuis la nuit dernière », a témoigné Bibhu Prasad Panda, dans le district de Balasore.  

Plus de cent villages ont été coupés du reste du monde, a déclaré le premier ministre de cet État, Naveen Patnaik.

A Calcutta, la capitale du Bengale occidental, l’aéroport international a été fermé pour la majeure partie de la journée de mercredi.  Celui de Bhubaneswar, capitale de l’Odisha, a subi le même sort.

Près de 5000 secouristes au total ont été mobilisés dans les deux États menacés, équipés de moyens de communication d’urgence, de bateaux pneumatiques hors-bord et d’équipements médicaux, a annoncé la Force nationale d’intervention pour les catastrophes.  

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« Double peine »

Yaas devrait perturber localement les efforts de lutte contre la COVID-19 qui ravage les communautés urbaines et rurales. L’épidémie a officiellement coûté la vie à quelque 310 000 personnes au total.

« Ce cyclone fait figure de double peine pour des millions de personnes en Inde, car la COVID-19 ne leur laisse aucun répit », a commenté Udaya Regmi, qui est responsable de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge pour l’Asie du Sud.

« Ce cyclone est un coup terrible pour de nombreuses personnes dans les districts côtiers dont les familles sont affectées par des contaminations et des morts dues à la COVID-19 », a déclaré mardi à l’AFP le ministre du Développement de la région des Sundarbans au Bengale occidental, Bankim Chandra Hazra.

Certains centres de vaccination dans les districts côtiers du Bengale occidental et à Calcutta ont interrompu leurs activités et un effort particulier a été engagé pour assurer la fourniture d’oxygène et de médicaments aux hôpitaux, selon les autorités.

Au Bangladesh voisin, un homme a été tué par la chute d’un arbre et les flots déchaînés ont inondé des milliers de logements, ont dit à l’AFP des responsables.

Un cargo transportant des pierres a coulé dans le golfe du Bengale, mais son équipage a pu être sauvé, a de son côté annoncé l’armée.

Les experts s’accordent à dire que la fréquence et l’intensité des tempêtes en mer autour de l’Inde augmentent sous l’effet du réchauffement du climat et des températures de l’eau.

Certaines des plus meurtrières de l’histoire se sont formées dans le golfe du Bengale, dont un cyclone qui en 1970 avait provoqué la mort d’un demi-million d’habitants de la région devenue le Bangladesh.

Dix mille personnes avaient péri au passage du cyclone le plus meurtrier jamais enregistré dans l’Odisha, en 1999.