(Seoul) Le maire de Séoul Park Won-soon, longtemps considéré comme un candidat potentiel à l’élection présidentielle en Corée du Sud, a été retrouvé mort vendredi (jeudi, au Québec) dans la montagne, des médias évoquant un suicide après des allégations sur une affaire de harcèlement sexuel.

Sunghee Hwang
Agence France-Presse

L’édile, âgé de 64 ans et qui avait dans sa jeunesse combattu la dictature militaire alors en place dans son pays, avait quitté son domicile après avoir laissé un message qui faisait penser à de « dernières paroles », avait raconté jeudi après-midi sa fille en signalant sa disparition aux policiers. Elle avait ajouté que son téléphone avait été coupé et qu’il était injoignable depuis plusieurs heures.

L’agence sud-coréenne de presse Yonhap a écrit que l’« on présumait qu’il avait mis fin à ses jours », mais les enquêteurs ont souligné qu’il n’y avait pas trace sur place du moindre mot écrit de sa main pour étayer une telle hypothèse.

Seule certitude, une plainte a été déposée mercredi auprès de la police contre M. Park par un ancien membre du personnel de la mairie de la capitale sud-coréenne, sans que l’on en sache davantage de source officielle pour le moment.

PHOTO ED JONES, AGENCE FRANCE-PRESSE

Le corps de Park Won-soon a été découvert dans la montagne au nord de Séoul.

Des médias croyaient quant à eux savoir qu’il lui était reproché un comportement semblable aux agissements mis en lumière par le mouvement « #metoo » de dénonciation des agressions sexuelles souvent impunies commises par des hommes de pouvoir.

Le corps sans vie du maire a été découvert dans la montagne à la périphérie nord de Séoul, quelques heures après que sa fille a fait part de ses inquiétudes à la police, dont des centaines d’agents ont participé aux opérations de recherche.   

Sa dépouille a été redescendue dans les premières heures de la journée de vendredi, ont constaté des journalistes de l’AFP. Elle a ensuite été emmenée dans un hôpital.  

De grandes ambitions

Figure emblématique du Parti démocrate (centre gauche) au pouvoir, Park Won-soon dirigeait depuis 2011 la gigantesque capitale de la Corée du Sud, qui compte environ dix millions d’habitants, soit presque un cinquième de la population du pays.

Beaucoup voyaient en lui un candidat potentiel à l’élection présidentielle de 2022, pour tenter de succéder à l’actuel chef de l’État, Moon Jae-in.  

Interrogé sur ce point par l’AFP il y a quelques mois, M. Park n’avait pas démenti les ambitions qu’on lui prêtait à cet égard.  

Si l’hypothèse du suicide était confirmée, ce serait le plus haut responsable politique sud-coréen à avoir mis fin à ses jours depuis que l’ancien président Roh Moo-hyun s’est jeté du haut d’une falaise en 2009, après avoir été interrogé sur des allégations de corruption ayant visé des membres de sa famille.

Park Won-soon a été un étudiant contestataire du temps de la dictature de Park Chung-hee (assassiné fin 1979) en Corée du Sud : pour avoir participé à un rassemblement contre le régime militaire, il a été renvoyé de l’Université nationale de Séoul en 1975, à peine quelques semaines après y être entré, et emprisonné pendant quatre mois.  

Il est par la suite devenu un avocat engagé dans la lutte pour le respect des droits de l’homme, défendant à ce titre de nombreux militants politiques dans les années 1980 et 1990.

Il s’est en outre investi dans des actions caritatives.

A la tête de la capitale sud-coréenne, Park Won-soon s’est forgé une réputation de travailleur acharné, se montrant très exigeant à l’égard de ses subordonnés, dont certains se seraient même suicidés en raison du stress subi.