(Copenhague) La présidente taïwanaise Tsai Ing-wen a appelé vendredi à protéger les libertés de Hong Kong contre la Chine autoritaire lors d’un rare discours prononcé en Europe, dans lequel elle a vanté les mérites de son île.

Agence France-Presse

« Si l’on permet aux forces antidémocratiques et aux autocrates de déborder leurs frontières, nous négligeons nos propres valeurs démocratiques », a-t-elle déclaré lors d’une intervention vidéo au sommet annuel sur la démocratie à Copenhague.

« Taïwan s’est joint à la communauté internationale pour exhorter les autorités de Pékin à honorer leur obligation de respecter les libertés fondamentales de Hong Kong », a-t-elle ajouté.  

Son discours a mis en avant son île comme une « démocratie vivante, ouverte et respectueuse », qui entend continuer à « apporter toute l’aide humanitaire nécessaire à la population de Hong Kong ».

Réélue en janvier pour un deuxième mandat, la dirigeante taïwanaise est la bête noire de la Chine continentale car elle considère que son île est un État souverain de facto, et rejette fermement la vision chinoise d’une « Chine unique ».

PHOTO FOURNIE PAR LA PRÉSIDENCE TAÏWANAISE VIA AFP

La présidente taïwanaise Tsai Ing-wen

L’ambassade de Chine à Copenhague a protesté contre sa participation, ainsi que celle de Joshua Wong, figure de l’opposition hongkongaise, à un sommet où devait également intervenir le secrétaire d’État américain Mike Pompeo.

Leur participation « viole le principe de la Chine unique, s’immisce dans les affaires intérieures de la Chine et provoque la Chine », a affirmé l’ambassade dans un communiqué.

Depuis l’élection de Mme Tsai en 2016, la Chine a exclu toute offre de négociation avec Taïwan et intensifié les pressions économiques, militaires et diplomatiques contre une île qu’elle voit toujours comme une province rebelle appelée à revenir dans le giron de la mère patrie, par la force si nécessaire.